Un majeur et deux mineurs ont été surpris en pleine pêche nocturne dans la zone de pêche réglementée (ZPR) de Nu’uroa, à Punaauia. Crustacés et poissons ont été saisis, tout comme leur matériel. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie. L’affaire rappelle les restrictions mises en place depuis dix ans pour protéger les ressources du lagon.

Jusqu’à 179 000 Fcfp d’amende

Les trois individus ont été repérés lundi par l’association Tamarii no te Moana, qui participe bénévolement à la surveillance du secteur. Or, dans la ZPR de Nu’uroa, la pêche de nuit ainsi que le prélèvement de crustacés sont interdits.

Au total, 17 crustacés et une dizaine de poissons avaient été capturés, parmi lesquels des langoustes, des cigales de mer, des rougets, des poissons-perroquets et des empereurs bossus. Plusieurs prises ne respectaient par ailleurs pas les tailles minimales réglementaires. Les animaux encore vivants ont été remis à l’eau.

Le matériel utilisé a également été confisqué. Les contrevenants encourent jusqu’à 179 000 francs Pacifique d’amende, ainsi que la saisie de leurs équipements de pêche.

Il s’agit, selon les informations communiquées, de la première affaire ayant donné lieu à des poursuites judiciaires pour braconnage dans les ZPR de Punaauia depuis leur création en 2016.

Trois zones pour protéger le lagon

Face à l’appauvrissement des ressources du lagon, trois zones de pêche réglementée ont été instaurées à Tata’a, Nu’uroa et Atehi. Les règles varient selon les secteurs.

À Tata’a et Atehi, la pêche est interdite à l’exception de la pêche à la ligne et de la pêche au fusil pratiquées en journée. À Nu’uroa, la pêche au fusil est également autorisée uniquement le jour. Des exceptions existent pour la pêche aux ature entre 5 heures et midi avec un filet maillant d’une longueur maximale de 100 mètres, ainsi que pour la pêche des eina’a à l’épuisette.

Dans l’ensemble de ces zones, le ramassage de crustacés sur le récif, y compris du côté océan, le dépôt de nasses et la pêche nocturne au fusil sont interdits.

La surveillance des habitants au cœur du dispositif

La protection de ces secteurs repose également sur une surveillance participative. Les habitants du littoral peuvent signaler les comportements suspects à l’association Tamarii no te Moana, qui se rend sur place avant de prévenir les forces de l’ordre lorsqu’une infraction est constatée.

Depuis 2016, cette surveillance avait principalement donné lieu à des actions de prévention et à des avertissements. Cette nouvelle affaire marque donc un durcissement avec l’engagement de véritables poursuites.

L’objectif des ZPR reste de limiter la pression sur les ressources marines et permettre leur renouvellement, alors que la raréfaction de certaines espèces dans le lagon avait précisément conduit les habitants et la commune à réclamer une réglementation renforcée.

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