À l’occasion du Nouvel An chinois, l’association culturelle Wen Fa a lancé « Gong Hakka Tahiti », une application mobile gratuite destinée à encourager l’apprentissage et la transmission du hakka en Polynésie française. Disponible depuis le 17 février sur les principales plateformes de téléchargement, cet outil numérique entend répondre au défi de la préservation d’un héritage linguistique aujourd’hui fragilisé.

Développée avec la solution locale e-reo, l’application propose un lexique de plus de 1 000 mots et expressions classés par thèmes. Elle intègre également des exercices interactifs, des modules d’aide à la prononciation ainsi que des contenus culturels permettant de replacer la langue dans son histoire et son environnement social. Pensée pour les débutants, elle autorise des recherches en français, en caractères chinois ou en transcription phonétique, et reste utilisable hors connexion une fois installée.

Longtemps parlé au sein des familles issues de l’immigration chinoise, le hakka est aujourd’hui moins pratiqué au quotidien. Pourtant, un regain d’intérêt s’observe chez les jeunes générations désireuses de renouer avec leurs racines et de mieux comprendre leur histoire. En proposant un outil simple, progressif et accessible, l’association Wen Fa souhaite faciliter une transmission familiale qui ne va plus de soi.

Un héritage asiatique pleinement inscrit dans l’histoire polynésienne

Les Hakkas, originaires du sud de la Chine, représentent une part importante des populations d’origine chinoise dans plusieurs territoires ultramarins, notamment en Polynésie et à La Réunion. Leur présence remonte à la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque des travailleurs chinois furent recrutés pour participer au développement des plantations.

Au fil des générations, cette communauté s’est pleinement intégrée à la société polynésienne, contribuant à son dynamisme économique, commercial et culturel. La question linguistique est aujourd’hui au cœur d’un enjeu plus large : celui de la transmission d’une mémoire collective et d’un patrimoine immatériel.

Le numérique au service des identités ultramarines

Dans un contexte de mondialisation où les langues minoritaires reculent souvent face aux grandes langues dominantes, le recours aux outils numériques constitue une réponse pragmatique et moderne. En facilitant l’accès à l’apprentissage, Gong Hakka Tahiti illustre la capacité des acteurs culturels locaux à s’approprier les technologies pour défendre leur patrimoine.

Cette initiative rappelle également que la richesse des Outre-mer tient à la diversité de leurs héritages, pleinement intégrés dans le cadre républicain. Préserver ces langues et ces traditions ne relève pas du repli identitaire, mais d’une transmission assumée d’un patrimoine culturel qui participe à la vitalité de la France des océans.

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