C’est un scandale écologique majeur qui éclabousse la Polynésie française. Dans la vallée de la Punaru’u, à quelques kilomètres de Papeete, deux exploitants ont transformé un site naturel en décharge illégale, y enfouissant plus de 100 000 m³ de déchets, soit l’équivalent de plus de quarante piscines olympiques. Véhicules hors d’usage, gravats et déchets divers ont été déversés sans autorisation, ni protection, provoquant une pollution durable des sols et de l’environnement.
Derrière ce désastre, une logique bien connue : l’argent facile et le contournement délibéré des règles. L’enquête judiciaire a mis en lumière un système lucratif, alimenté par des centaines de clients, principalement des entreprises du BTP, qui ont sciemment choisi une filière illégale pour éviter les coûts des circuits réglementés. Le préjudice financier est estimé à plus de deux millions d’euros, pendant que la collectivité hérite des conséquences écologiques.
La justice a frappé fort : mises en examen, contrôle judiciaire, détention provisoire pour un récidiviste déjà condamné, et saisies massives d’avoirs. Ces poursuites rappellent une évidence trop souvent oubliée : l’environnement n’est pas une variable d’ajustement économique. En Polynésie comme dans l’Hexagone, la loi de la République s’applique et doit protéger les territoires contre les prédateurs sans scrupules.
Ce dossier illustre une dérive plus large : celle de certains acteurs économiques qui, sous couvert d’activité, exploitent les failles et méprisent l’intérêt général. Défendre les Outre-mer, ce n’est pas céder aux discours larmoyants ou à l’impunité locale, mais faire respecter les règles communes. La protection de ces territoires français passe aussi par une fermeté assumée face à ceux qui les dégradent.




