Selon une étude publiée par l’Union étudiante, un étudiant sur trois vivrait aujourd’hui avec moins de 50 euros par mois une fois les dépenses incompressibles réglées, et près d’un sur dix n’aurait plus aucun reste à vivre. Une photographie sociale inquiétante, qui touche aussi bien l’Hexagone que les territoires ultramarins, où le coût du logement et l’éloignement aggravent souvent la situation des jeunes engagés dans des études supérieures.

Les difficultés pointées sont connues : logement cher et rare, alimentation sacrifiée, renoncements aux soins et détresse psychologique. Dans les Outre-mer, ces fragilités sont accentuées par la faiblesse de l’offre universitaire locale et la dépendance aux aides publiques. Pourtant, derrière ces constats, le débat est trop souvent confisqué par une lecture idéologique qui transforme la précarité étudiante en argument politique, sans s’interroger sur l’efficacité réelle des dispositifs existants ni sur les responsabilités partagées.

La fin de certaines aides symboliques, comme le repas à un euro généralisé, est dénoncée par les organisations étudiantes, tandis que celles-ci plaident pour un revenu d’autonomie universel dépassant les 1 200 euros mensuels. Une proposition massive, coûteuse, et déconnectée des contraintes budgétaires nationales, qui pose la question de la soutenabilité du modèle plutôt que celle de son affichage. La solidarité nationale ne peut se résumer à une distribution indistincte d’allocations, sans ciblage ni exigence de résultats.

La précarité étudiante mérite mieux que des slogans. Elle appelle une politique rigoureuse, fondée sur l’emploi étudiant encadré, la valorisation du mérite, une offre de logement réellement accessible et une meilleure articulation entre études et insertion professionnelle. Pour les Outre-mer comme pour l’ensemble du pays, l’enjeu est clair : permettre aux jeunes de réussir sans les enfermer dans une dépendance permanente à l’aide publique, et rappeler que l’égalité républicaine passe aussi par la responsabilité individuelle et l’efficacité de l’action de l’État.

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