Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte, ce mardi 20 janvier 2026, sur une situation jugée dramatiquement élevée au centre pénitentiaire de Fonds Sarail, à Baie Mahault. Dans des recommandations en urgence publiées au Journal officiel, il décrit un manque d’espace et d’hygiène, des violences répétées et des atteintes aux droits fondamentaux, y compris pour les mineurs.

Des cellules saturées, des conditions indignes

Lors d’une visite à l’automne 2025, les contrôleurs ont relevé un taux d’occupation de deux cent cinquante et un pour cent à la maison d’arrêt pour hommes, avec quatre cent trente cinq détenus pour cent soixante treize places. Plus de cent soixante personnes dormaient sur des matelas au sol, parfois sur du mobilier, faute de place.

Le rapport indique que dans la quasi totalité des cellules, la surface individuelle est inférieure à trois mètres carrés, un seuil en dessous duquel la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme présume une violation des droits fondamentaux. Le contrôleur évoque même des situations où l’espace au sol devient insuffisant pour accueillir un matelas.

Les conditions sanitaires sont décrites comme particulièrement préoccupantes, avec des locaux vétustes, des moisissures et une absence d’intimité dans les espaces sanitaires. La buanderie est jugée défaillante, contraignant des détenus à laver leurs draps dans des lavabos à l’eau froide.

Au delà de l’indignité matérielle, le CGLPL souligne une violence installée. Entre janvier et septembre 2025, cent cinquante quatre faits de violences ont été recensés en maison d’arrêt, dont dix avec arme. Les contrôleurs rapportent notamment des blessures graves constatées au cours de la visite.

L’alerte porte enfin sur les mineurs, détenus dans des conditions qualifiées d’inadaptées, avec des fouilles intégrales systématiques, seulement quatre heures de cours par semaine au lieu de douze prévues, et une cour jugée indigne, sans abri ni point d’eau. Le contrôleur demande des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, rappelant que l’autorité de l’État ne se mesure pas seulement à la fermeté des condamnations, mais aussi à la capacité de la République à faire respecter le droit et la sécurité, y compris derrière les murs.

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