La surpopulation carcérale continue de s’aggraver en France, avec un nouveau record au 1er décembre 2025. Selon des données du ministère de la Justice, 86 229 détenus étaient incarcérés à cette date, pour seulement 63 613 places opérationnelles. Le taux de densité carcérale atteint ainsi 135,6 pour cent, confirmant un système sous tension durable.

Des Outre mer à 149,6 pour cent, Mayotte au-delà de 220 pour cent

En un mois, la hausse se poursuit : 85 373 détenus étaient recensés au 1er novembre. Sur un an, la population carcérale a augmenté de 5 437 personnes, soit plus 6,7 pour cent, tandis que les capacités n’ont progressé que de 1 209 places, soit plus 1,9 pour cent. La crise touche d’abord les maisons d’arrêt, qui affichent une densité moyenne de 164,7 pour cent.

La situation est particulièrement critique en région parisienne, avec 160,5 pour cent de densité, mais aussi en Outre mer, où le taux atteint 149,6 pour cent. À Mayotte, la densité dépasse régulièrement les 220 pour cent. En Nouvelle Calédonie, des détenus ont même engagé des actions contre l’Etat pour dénoncer des conditions de détention jugées indignes.

La France figure parmi les mauvais élèves en Europe en matière de densité carcérale, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l’Europe. Sur le terrain, syndicats et professionnels décrivent un système au bord de la rupture, entre surpopulation, sous effectifs chroniques de surveillants et insalubrité de certains établissements.

Le ministère de la Justice prévoit l’ouverture de 3 000 places supplémentaires en prisons modulaires d’ici un an et demi. Mais le retard est massif : sur les 15 000 places additionnelles annoncées dans un plan lancé en 2018, seules 4 500 ont été livrées à ce stade. Dans ce contexte, la question d’une régulation carcérale revient dans le débat, mais elle se heurte à un discours politique axé sur l’exécution ferme des peines, le garde des Sceaux Gérald Darmanin ayant réaffirmé son opposition à cette option

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