Troisième jour d’audience à la cour d’assises de Saint-Denis. Abraham Bomela est jugé pour trois assassinats et huit tentatives d’assassinats commis en 2023 à La Possession. Après l’évocation des meurtres de la petite Lorane et d’Yvonne, sa mère, la cour s’est penchée ce mercredi 18 février sur la mort de Joé Breda. Face aux magistrats, l’accusé ne cherche ni à minimiser ni à nuancer. À la question de l’avocate générale sur ce qu’il ressent lorsqu’il tue, il répond : « Mi rend’ amwn justice ».
“Pour voir s’il y avait encore des gens à tuer”
Après avoir tué sa mère et sa cousine, Abraham Bomela poursuit sa route. Il se rend devant un supermarché du centre-ville. Interrogé sur le fait d’avoir fait le tour du rond-point au lieu de quitter les lieux, il répond sans détour : « Pour voir s’il y avait encore des gens à tuer ». Des mots qui glacent l’audience. Me Laurent Payen, avocat des parents de Lorane, confie n’avoir « rarement vu une telle froideur, un manque d’empathie, l’absence totale de regret exprimé » en vingt-cinq ans de cour d’assises.
Dans la matinée, un gendarme blessé lors de l’intervention est venu témoigner. Il décrit un homme « bien préparé », ayant utilisé un extincteur pour rendre le sol glissant et freiner la progression des forces de l’ordre. Bomela aurait également utilisé le corps de Joé Breda comme rempart. Le militaire, touché à plusieurs reprises aux jambes, a vu son nerf sciatique sectionné. Il affirme avoir repassé la scène « dix fois », estimant que « neuf fois » il y laissait la vie.
L’après-midi a été consacré au profil de Joé Breda. Décrit par ses proches comme un homme discret, travailleur et serviable, il venait de signer un CDI comme agent d’entretien. Compagnon investi auprès des enfants de sa conjointe, il n’avait « jamais fait d’histoires », selon sa famille.
Le procès se poursuit toute la semaine, dans une atmosphère lourde, marquée par la violence des faits et l’absence apparente de remords exprimés par l’accusé.




