Ce lundi matin s’ouvre à Fort-de-France le procès dit des “grands frères”, délocalisé en Martinique pour des raisons de sécurité. Treize prévenus, poursuivis pour des faits graves commis en Guadeloupe entre novembre 2021 et janvier 2022, devront répondre devant la justice d’accusations lourdes, allant de l’association de malfaiteurs à la préparation d’actions violentes contre des symboles de l’autorité publique et de l’activité économique.

Au cœur du dossier figurent notamment l’incendie d’un bâtiment du service pénitentiaire à Pointe-à-Pitre, des projets visant des institutions de l’État et des tentatives de paralysie d’infrastructures stratégiques. Ces épisodes rappellent combien certaines mobilisations ont basculé, à l’époque, dans une logique d’affrontement avec la République, au détriment de l’ordre public et de la population elle-même. La justice devra établir les responsabilités individuelles, loin des slogans et des postures victimaire.

La défense dénonce un dossier fondé sur des écoutes téléphoniques contestées et évoque un procès politique. Mais l’enjeu dépasse ces arguments techniques : il s’agit de dire clairement si des réseaux structurés ont cherché à instrumentaliser une crise sociale pour légitimer la violence et imposer un rapport de force à l’État. Une dérive que beaucoup de Guadeloupéens ont, à l’époque, subie sans l’avoir choisie.

Pour les parties civiles, ce procès est aussi celui d’un rappel nécessaire : aucune cause, aussi légitime soit-elle présentée, ne justifie l’atteinte aux biens, aux personnes et aux institutions. À travers cette audience très suivie, c’est la capacité de la République à faire respecter la loi partout sur son territoire qui est en jeu, y compris en Outre-mer, où l’exigence d’ordre, de responsabilité et de respect du cadre national reste une condition essentielle du vivre-ensemble et du développement.

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