L’élu a reconnu connaître plusieurs prévenus, expliquant avoir cherché, comme d’autres responsables, à éviter l’embrasement en maintenant le dialogue. Il a insisté sur un point : selon lui, il n’a jamais été question d’argent, ni de menaces, et son engagement relevait uniquement d’une logique d’apaisement. Mais ce soutien lui a coûté cher sur le plan symbolique : Olivier Serva a appris à l’audience qu’il avait été placé sur écoute pendant plus d’un mois en 2022, sur décision du juge d’instruction.
Cette séquence met en lumière une réalité dérangeante mais incontournable : dans les périodes de crise, la frontière entre médiation et suspicion devient parfois dangereusement floue. La République ne peut pas se permettre de confondre ceux qui tentent de ramener l’ordre avec ceux qui cherchent à l’affaiblir. Mais à l’inverse, elle ne peut pas non plus fermer les yeux lorsque des réseaux parallèles prétendent se substituer à l’autorité légitime, en imposant leurs codes et leurs rapports de force dans la rue.
Autre point marquant : l’absence répétée de l’ancien procureur de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins, pourtant convoqué. La défense, elle, y voit un angle d’attaque majeur et parle d’une procédure lancée à tort ou sous influence. Ce procès, prévu sur douze jours, reste hautement sensible : il ne concerne pas seulement treize prévenus, il interroge l’État de droit dans un territoire français où certains voudraient banaliser la violence politique, les pressions et la défiance envers les institutions. Et c’est précisément pour cela que la justice doit aller au bout, sans faiblesse comme sans instrumentalisation.




