L’État a fixé officiellement sa trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique. Publié au Journal officiel, un arrêté établit noir sur blanc les projections de hausse des températures pour l’Hexagone et les territoires ultramarins. Ce cadre servira désormais de base commune à l’ensemble des politiques publiques d’adaptation, dans un contexte où les effets du dérèglement climatique sont déjà visibles.
Une trajectoire fondée sur l’hypothèse la plus défavorable
La trajectoire repose sur les travaux scientifiques du Giec, croisés avec les analyses de Météo France et des chercheurs français. Pour la France hexagonale, elle retient une augmentation moyenne de deux degrés à l’horizon 2030, de 2,7 degrés en 2050, puis jusqu’à quatre degrés à l’horizon 2100. Le choix assumé par les pouvoirs publics est de se baser sur un scénario pessimiste, jugé plus réaliste au regard des difficultés persistantes à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Dans les territoires ultramarins, les projections varient selon les zones. En Guadeloupe, en Martinique et à Saint Martin, le réchauffement pourrait atteindre 1,4 degré dès 2030, 1,9 degré en 2050 et jusqu’à 2,7 degrés d’ici la fin du siècle. En Guyane, la hausse serait encore plus marquée, avec des projections allant jusqu’à 3,5 degrés en 2100. À La Réunion et à Mayotte, les scénarios tablent sur des niveaux compris entre 2,9 et 3 degrés à la même échéance.
Ces chiffres impliquent des conséquences lourdes pour des territoires déjà exposés aux sécheresses, aux tensions sur l’eau, aux cyclones plus intenses et à la montée du niveau de la mer. Ils confirment que l’adaptation n’est plus une option mais une nécessité immédiate, notamment pour les infrastructures, l’agriculture, l’aménagement et la santé publique.
Avec cette trajectoire désormais actée, l’État impose une référence unique à tous les plans nationaux et locaux d’adaptation. L’objectif affiché est d’éviter les incohérences et de contraindre chaque politique publique à intégrer une réalité climatique durablement plus chaude. Pour les Outre mer, cette reconnaissance officielle acte une évidence longtemps minimisée, celle d’une vulnérabilité accrue qui exige des réponses rapides, structurées et à la hauteur des enjeux.




