L’État a officiellement fixé, par arrêté publié au Journal Officiel, la trajectoire de réchauffement de référence qui guidera désormais toutes les politiques d’adaptation au changement climatique, dans l’Hexagone comme dans les Outre-mer. Une décision structurante, qui engage l’ensemble de la puissance publique face à un défi majeur pour l’avenir des territoires français.
Attendue depuis plusieurs mois, cette trajectoire dite Tracc vise à donner un cadre commun, stable et lisible, aux collectivités, aux entreprises et aux administrations pour anticiper les conséquences du réchauffement climatique. Elle s’appuie sur les projections les plus récentes du GIEC, de Météo-France et de la recherche française, dans une logique assumée de prudence maximale.
L’État a fait le choix d’un scénario volontairement pessimiste, considérant les difficultés persistantes à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’objectif est clair : éviter l’impréparation et permettre à la France, dans toutes ses composantes territoriales, d’adapter ses infrastructures, son économie et ses services publics à des conditions climatiques durablement modifiées.
Une trajectoire nationale assumée, fondée sur la science
Pour la France hexagonale, la trajectoire de référence retient une hausse moyenne des températures de + 2°C dès 2030, + 2,7°C à l’horizon 2050, et jusqu’à + 4°C à la fin du siècle. Les experts soulignent que le territoire métropolitain se réchauffe déjà plus vite que la moyenne mondiale, ce qui justifie une anticipation renforcée.
Ce cadre de référence ne relève pas de l’idéologie mais d’une lecture réaliste des données scientifiques. Il vise à garantir la continuité de l’action publique, indépendamment des alternances politiques, et à donner de la visibilité aux acteurs économiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, de l’agriculture et de l’aménagement.
Des enjeux spécifiques pour les Outre-mer français
Dans les territoires ultramarins, pleinement français et exposés à des vulnérabilités particulières, la trajectoire est adaptée aux réalités locales. En Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin, le réchauffement pourrait atteindre + 1,4°C dès 2030, + 1,9°C en 2050 et + 2,7°C d’ici 2100. La Guyane ferait face à une hausse encore plus marquée, jusqu’à + 3,5°C à la fin du siècle.
À La Réunion, les projections évoquent + 1,5°C en 2030, + 2°C en 2050 et près de + 2,9°C en 2100. Mayotte suivrait une trajectoire comparable. Ces évolutions posent des défis concrets en matière de gestion de l’eau, de risques cycloniques, de submersion marine et de sécurité des populations.
En fixant une référence unique, l’État réaffirme son rôle central et légitime dans la protection de l’ensemble des Français, y compris ultramarins. Cette trajectoire servira désormais de socle commun à toutes les politiques d’adaptation, nationales comme locales, afin de garantir cohérence, efficacité et responsabilité face aux effets durables du changement climatique.




