Le décret du 13 février 2026, publié au Journal officiel le 17 février, actualise la liste nationale des communes particulièrement vulnérables au recul du trait de côte. En Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau et Capesterre de Marie-Galante intègrent officiellement le dispositif. L’archipel compte désormais 14 communes soumises à des obligations renforcées en matière d’urbanisme et d’aménagement face à l’érosion littorale.

Urbanisme encadré et nouveaux outils juridiques

Avec ces deux ajouts, la liste guadeloupéenne comprend désormais Baillif, Basse-Terre, Bouillante, Capesterre-Belle-Eau, Capesterre-de-Marie-Galante, Deshaies, Goyave, Le Moule, Pointe-Noire, Port-Louis, Saint-François, Saint-Louis, Sainte-Anne et Terre-de-Haut. Cette inscription s’inscrit dans le cadre de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, qui prévoit une révision de la liste tous les neuf ans, tout en permettant son actualisation à la demande des communes concernées.

L’intégration à ce dispositif entraîne des obligations concrètes. Les communes doivent établir une carte locale d’exposition au recul du trait de côte, sauf si elles disposent déjà d’un plan de prévention des risques littoraux. Leur plan local d’urbanisme doit identifier une zone exposée à l’horizon de 30 ans et une autre comprise entre 30 et 100 ans.

Une ordonnance du 6 avril 2022 prévoit également des adaptations à la loi Littoral afin de faciliter la relocalisation des biens et activités menacés vers des secteurs plus sûrs, dans le cadre de projets partenariaux conclus avec l’État. Elle crée aussi un nouvel outil, le bail réel d’adaptation à l’érosion côtière. Ce contrat, conclu pour une durée de 12 à 99 ans, peut être résilié si la sécurité n’est plus garantie. À terme, la collectivité doit renaturer le site, incluant la démolition des constructions et d’éventuelles opérations de dépollution.

Au niveau national, 363 communes figurent désormais sur cette liste, contre 122 en 2022. Les territoires ultramarins sont particulièrement exposés. En Guadeloupe, l’inscription de Capesterre-Belle-Eau et Capesterre de Marie-Galante consacre la reconnaissance officielle d’un phénomène déjà bien visible sur le terrain. Face à la montée des eaux et à l’intensification des aléas climatiques, l’adaptation du littoral devient un impératif d’aménagement pour les communes concernées.

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