Le gouvernement s’engage à généraliser le repas à 1 euro à l’ensemble des étudiants, une mesure jusqu’ici réservée aux boursiers, avec une mise en œuvre annoncée dès le mois de mai dans le cadre du budget 2026. À Saint Denis de La Réunion, sur le campus du Moufia, la décision est saluée, mais beaucoup redoutent une conséquence immédiate : des files d’attente encore plus longues.
Au Moufia, le prix baisse mais la pression monte
Étudiante non boursière en master 2 d’économie, Elisa explique que la restauration universitaire représente un levier d’économies concret, au point de pouvoir fréquenter plus souvent le Restaurant U. Même constat pour Clara, en début d’études d’anglais, qui rappelle que 3,30 euros par repas finit par peser lourd, entre loyer, courses, produits ménagers et loisirs, dans un contexte où la vie chère frappe aussi les étudiants.
Sur le terrain, la réalité du midi est déjà tendue. Des étudiants décrivent une attente quotidienne qui commence dès 11 heures, avec des files parfois désorganisées, en plein soleil, le long du restaurant universitaire. Le snack voisin, Le Rapido, connaît la même saturation, avec des délais pouvant atteindre une heure après 11h30 avant d’espérer manger sur place ou repartir avec un repas à emporter.
Clara, pourtant boursière, affirme n’avoir profité du tarif à 1 euro que quelques fois depuis la rentrée, faute de temps, et parfois grâce à des enseignants qui la laissent partir plus tôt. Même dans ces conditions, elle évoque encore une trentaine de minutes d’attente, ce qui réduit le temps réel pour se restaurer.
La mesure répond à une urgence sociale évidente, et elle va dans le bon sens pour protéger le pouvoir d’achat des étudiants. Mais à La Réunion comme ailleurs, la question centrale reste celle des moyens : sans renforcement de l’offre et de l’organisation, l’intention peut se heurter au réel, au détriment des étudiants les plus contraints par les horaires et la précarité.




