Aux Abymes, les habitants de la résidence Bois Joli, située à la section Bazin, ont de nouveau fait entendre leur colère ce samedi. Depuis près de neuf mois, ils alertent sans relâche leur bailleur, la Société immobilière de Guadeloupe, sur des conditions de vie qu’ils jugent indignes, sans obtenir de réponses concrètes. Insalubrité persistante, problèmes de sécurité et incivilités rythment leur quotidien.
Une responsabilité partagée mais une gestion défaillante
La liste des dysfonctionnements est longue. Routes dégradées aux trous toujours plus profonds, eaux usées stagnantes, boîtes aux lettres vandalisées et régulièrement forcées, dépôts sauvages d’ordures à l’entrée même de la résidence, parfois au point d’entraver les sorties. Autant de situations signalées à de multiples reprises, sans intervention visible du bailleur.
Les résidents dénoncent également un jeu de renvoi de responsabilités entre la SIG et la commune des Abymes, qui freine toute action efficace. Cette absence de coordination renforce un sentiment d’abandon, alors même que la résidence compte 365 logements et concerne plusieurs centaines de personnes.
Les membres les plus investis du collectif reconnaissent toutefois que certains problèmes relèvent aussi du comportement de certains locataires. Des véhicules hors d’usage occupent des places de stationnement depuis des années, illustrant un manque de civisme qui dégrade davantage un cadre de vie déjà fragilisé.
Construite dans les années 1990 à l’initiative de l’ancien maire René Serge Nabajoth, la résidence Bois Joli avait pourtant connu à ses débuts une véritable dynamique de solidarité. Les premiers habitants entretenaient eux-mêmes les équipements communs et favorisaient le vivre ensemble. Cette culture collective s’est largement perdue avec le temps.
Aujourd’hui, l’association de quartier Le Collectif BJ peine à mobiliser. Lors de la dernière réunion, seuls une trentaine de résidents ont répondu présents. Malgré cette faible participation, sa présidente, Christiane Antonius, assure poursuivre le combat auprès de la SIG et de la commune, tout en appelant les locataires à prendre leur part de responsabilité pour restaurer l’ordre, la propreté et la dignité au sein de la résidence.




