Face à une hausse préoccupante des observations de requins et à la persistance de pratiques à risque sur le littoral, l’État renforce sa vigilance à La Réunion. Depuis novembre, seize signalements de squales ont été confirmés sur plusieurs communes de l’Ouest et du Sud, tandis qu’une trentaine de requins tigres et bouledogues ont été capturés dans des zones fréquentées. Une situation qui rappelle que le risque requin, bien réel, ne peut être ni minimisé ni instrumentalisé.
Les autorités pointent surtout une dérive préoccupante : des mises à l’eau répétées hors des zones autorisées, souvent le fait de mineurs, à des horaires et dans des conditions particulièrement dangereuses. Lever ou coucher du soleil, eaux troubles, houle marquée… autant de facteurs connus pour accroître le risque, mais manifestement ignorés par certains. Cette irresponsabilité individuelle met en danger non seulement les pratiquants eux-mêmes, mais aussi l’ensemble de la collectivité mobilisée pour leur sécurité.
Face à ces dérives, le préfet Patrice Latron assume une ligne de fermeté. La gendarmerie intensifie les contrôles sur le littoral et en mer afin de faire respecter l’arrêté préfectoral encadrant strictement la baignade et les activités nautiques exposées. Il ne s’agit pas de restreindre par principe, mais de rappeler une évidence : la liberté ne peut exister sans responsabilité, surtout dans un environnement naturel aussi exigeant.
La Réunion dispose aujourd’hui d’outils clairs et opérationnels, comme le Centre Sécurité Requin, dont les informations quotidiennes permettent une pratique encadrée et raisonnable. Encore faut-il accepter la règle commune. En matière de sécurité, l’autorité de l’État n’est pas un obstacle, mais une protection. Refuser de l’entendre, c’est transformer un risque maîtrisable en drame évitable et fragiliser inutilement un territoire qui n’a pas besoin de postures idéologiques pour avancer.




