La guerre déclenchée au Moyen-Orient le 28 février provoque déjà des répercussions sur le commerce mondial. Après l’intensification des frappes entre Israël, l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz a été bloqué par Téhéran et le passage par le canal de Suez suspendu par plusieurs armateurs. Deux axes stratégiques par lesquels transite une part majeure du commerce international, notamment 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
Importations et carburants sous surveillance
L’armateur CMA-CGM a annoncé suspendre toutes ses lignes commerciales au Moyen-Orient. Les navires sont déroutés via le Cap de Bonne-Espérance. Une décision lourde de conséquences logistiques. À La Réunion, où 95 % des biens consommés sont importés, la situation est suivie de près par les professionnels et les autorités.
Le Syndicat de l’importation et du commerce de La Réunion évoque déjà des premiers signes de perturbation. Si la crise devait durer, les conséquences pourraient être plus importantes : allongement des délais de livraison, hausse des coûts de transport ou réorganisation complète des flux maritimes. Une réunion en préfecture devrait rapidement rassembler les acteurs concernés afin d’anticiper d’éventuelles tensions.
Concernant les carburants, la Société réunionnaise des produits pétroliers se veut rassurante à ce stade. L’île s’approvisionne intégralement à Singapour, une route logistique qui n’emprunte pas les zones actuellement touchées. Toutefois, le pétrole raffiné à Singapour provient en partie du Proche-Orient. En cas de conflit prolongé, des tensions sur les stocks pourraient apparaître à moyen terme.
Dans les stations-service, aucun mouvement de panique n’est observé pour l’instant. Les consommateurs restent attentifs mais ne modifient pas leurs habitudes. Dans les grandes surfaces, certains ajoutent quelques produits de base à leur panier, sans ruée généralisée.
Si l’autonomie alimentaire de La Réunion atteint environ 70 % pour les produits frais, le territoire demeure globalement dépendant des importations. La situation géopolitique internationale rappelle une réalité stratégique : la continuité territoriale et la sécurisation des flux d’approvisionnement restent des enjeux majeurs pour les Outre-mer.




