L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives alerte sur le rôle stratégique des trafiquants de Saint Martin dans le haut du spectre de la criminalité organisée liée au trafic maritime de cocaïne. Dans une étude de terrain menée à Saint Martin et Saint Barthélemy, l’organisme décrit une présence marquée de la cocaïne dans les deux territoires, facilitée par la proximité des pays producteurs en Amérique du Sud.

Saint Martin, maillon clé d’une chaîne criminelle

Selon l’OFDT, Saint Barthélemy apparaît davantage comme un territoire de destination des substances, tandis que Saint Martin figure comme l’un des maillons d’une chaîne de transport alimentant des circuits à grande échelle. Les forces de l’ordre interrogées évoquent des profils spécialisés dans la logistique, capables de fournir des moyens concrets aux réseaux d’exportation sud américains, notamment des bateaux, des points de dépose en mer et de la main d’œuvre.

Le rapport souligne aussi la difficulté particulière à appréhender ce trafic localement, en raison de la binationalité de l’île et de la proximité d’autres territoires insulaires voisins par lesquels transite également la cocaïne à destination de l’Europe. L’OFDT estime que cet environnement facilite les contournements et complique l’action des autorités.

Autre point mis en avant, le renforcement des contrôles dans d’autres territoires a, selon les forces de l’ordre, poussé une nouvelle vague de passeurs aériens à transiter progressivement via les deux aéroports de l’île. Une première opération locale de contrôle renforcé a été mise en place à l’aéroport de Grand Case en juillet 2025, mais l’aéroport international Princess Juliana, situé côté néerlandais, reste hors de portée des autorités françaises.

Enfin, l’OFDT relève une accessibilité du produit qui favorise les usages, avec un prix du gramme observé à Saint Martin entre 15 et 20 euros, nettement inférieur à celui constaté en France hexagonale, et un prix entre 20 et 50 euros le gramme à Saint Barthélemy. Dans ce contexte, l’enjeu est clair pour l’État : frapper les réseaux au portefeuille, renforcer la coopération opérationnelle et restaurer l’autorité républicaine face à une criminalité qui gangrène les territoires et met la population en danger.

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