À l’issue de l’audience solennelle de rentrée du tribunal de Saint-Pierre, le procureur de la République, Yves Couroux, a clairement défini les priorités judiciaires pour 2026. Dans un contexte de tensions croissantes, la justice entend concentrer son action sur trois axes majeurs : la lutte contre le trafic de stupéfiants, le traitement ferme des violences et la répression de la fraude aux prestations sociales. Une feuille de route assumée, fondée sur l’autorité de l’État et le respect de la loi.

Le constat dressé pour l’année 2025 est sans ambiguïté. Le nombre de procédures liées aux stupéfiants a fortement augmenté, avec vingt-huit affaires recensées, soit trois fois plus que l’année précédente. Une évolution préoccupante pour un territoire de petite taille, qui confirme l’installation de pratiques délinquantes jusque-là marginales. Pour le parquet, la lutte contre le trafic de drogue demeure donc la priorité absolue, afin de prévenir toute banalisation de ces comportements et de protéger la population.

Rétablir l’ordre public et la confiance dans l’institution judiciaire

Les violences constituent le deuxième axe majeur de l’action judiciaire. Vingt-sept procédures ont été ouvertes en 2025, dont huit pour des faits de violences intrafamiliales. Si ces chiffres traduisent une réalité préoccupante, le procureur souligne également une meilleure libération de la parole des victimes, favorisée par la mise en place de lieux d’écoute dédiés. Pour la justice, il ne s’agit pas seulement de constater, mais d’agir avec fermeté, dans le respect des victimes et de l’ordre public.

Troisième priorité affichée : la fraude aux prestations sociales, notamment les infractions liées au Code du travail. Dans un contexte budgétaire contraint, le parquet entend rappeler que la solidarité nationale repose sur des règles claires et que leur contournement porte atteinte à l’équité et à la cohésion sociale. La lutte contre ces fraudes s’inscrit dans une exigence de responsabilité et de respect des lois de la République.

Enfin, Yves Couroux a évoqué la situation du centre pénitentiaire de l’archipel, jugé inadapté aux normes actuelles et au public accueilli. Un sujet sensible, qui pose la question des moyens accordés à la justice dans les territoires ultramarins. Pour le parquet, garantir des conditions de détention conformes à l’État de droit est indissociable d’une politique pénale crédible et efficace.

À Saint-Pierre-et-Miquelon comme ailleurs, la justice entend assumer pleinement son rôle. Face à la montée des dérives, elle se veut un pilier de stabilité, au service de la sécurité, de la loi et de l’unité de la République.

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