Le député de Saint-Pierre-et-Miquelon, Stéphane Lenormand, a remis sur la table un sujet qui empoisonne la vie de nombreux habitants de l’archipel : l’Autorisation de voyage électronique (AVE) exigée par le Canada. Invité du 20h de Saint-Pierre-et-Miquelon La Première, ce mardi 27 janvier 2026, l’élu a alerté sur les conséquences concrètes de ce dispositif, qui peut empêcher certains ressortissants français de quitter ou de rejoindre leur territoire, faute d’autorisation délivrée par Ottawa.
Au cœur du problème : la géographie. Pour de nombreux déplacements, notamment vers l’Hexagone, les liaisons aériennes passent par le Canada. Or, l’AVE, même si elle relève de la souveraineté canadienne, devient dans les faits une condition de mobilité pour les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le député résume l’enjeu en une formule choc : il ne faut pas faire de l’archipel « une prison à ciel ouvert ».
Des refus d’AVE qui bloquent des citoyens français
Dans un courrier adressé au préfet de l’archipel, Stéphane Lenormand fait état de situations jugées inacceptables : des personnes ayant eu « quelques démêlés avec le Canada » ou encore des travailleurs susceptibles de venir répondre à des offres d’emploi à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais empêchés de transiter.
L’élu insiste sur un point : il ne s’agit pas de contester le contrôle des frontières canadiennes. Mais il refuse que, par ricochet, un citoyen français se retrouve empêché de rejoindre l’Hexagone ou de rentrer chez lui.
C’est là toute la dimension politique du dossier : une règle étrangère, légitime sur son territoire, devient un verrou sur la liberté de circulation de Français vivant sur un territoire français.
Appel au préfet et relance diplomatique
Ce n’est pas une première initiative. Le député rappelle avoir déjà engagé des démarches auprès du Quai d’Orsay, contacté les autorités canadiennes à Paris et alerté par courrier le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Cette fois, Stéphane Lenormand demande au préfet d’activer pleinement la voie diplomatique, afin de trouver une solution pragmatique entre la France et le Canada : garantir que chacun puisse entrer et sortir de Saint-Pierre-et-Miquelon à tout moment de l’année, notamment pour des raisons de formation, de soins, ou dans des situations personnelles urgentes.
L’élu souligne aussi l’enjeu économique : dans un territoire où certains secteurs sont en tension, la venue de main-d’œuvre peut être entravée si le transit canadien devient un obstacle administratif.
Un rappel plus large sur les urgences ultramarines
Enfin, Stéphane Lenormand a également évoqué la situation politique nationale et le vote du budget, dans un climat institutionnel instable. Il espère un retour des grands dossiers au premier plan : vie chère en Outre-mer, fin de vie, décentralisation.
Mais sur l’AVE, le message est clair : pour Saint-Pierre-et-Miquelon, ce n’est pas une question technique. C’est une question de liberté, d’égalité entre citoyens, et de continuité territoriale.




