Le dernier rapport de l’Iedom confirme une tendance contrastée à Saint-Pierre-et-Miquelon en 2025 : si le tourisme reste dynamique, l’activité halieutique s’effondre, révélant les fragilités structurelles de l’économie locale.
Avec seulement 866 tonnes de prises sur la saison 2025-2026, la pêche accuse une chute spectaculaire de 71 %. En cause, l’effondrement du marché du concombre de mer, pénalisé par les tensions commerciales internationales et l’absence de débouchés industriels locaux. À cela s’ajoute une baisse des ressources en homard et en crabe des neiges, confirmant une dépendance préoccupante à des facteurs extérieurs.
Dans ce contexte, les professionnels ont tenté de se repositionner sur d’autres espèces, comme la coquille ou le flétan, sans parvenir à compenser les pertes.
Un tourisme solide malgré des signaux contrastés
À l’inverse, le secteur touristique continue de tirer l’économie vers le haut. Même si le nombre de croisiéristes recule par rapport à 2024, la fréquentation globale reste largement supérieure à celle d’avant la crise sanitaire.
Cette dynamique repose notamment sur une augmentation des arrivées par avion et par voie maritime, soutenant l’activité des commerces, de l’hôtellerie et de la restauration. Un levier essentiel pour un territoire en quête de diversification économique.
Un marché du travail sous tension
L’emploi présente également un visage contrasté. Le nombre d’offres progresse légèrement, signe d’une certaine vitalité, mais le nombre de demandeurs d’emploi augmente parallèlement.
Une évolution en partie liée à des changements administratifs, mais qui traduit aussi des difficultés persistantes d’insertion et d’adéquation entre offres et compétences disponibles.
Des prix stabilisés, une consommation en recul
Sur le plan des prix, l’année 2025 est marquée par un ralentissement de l’inflation, porté par la baisse des coûts de l’énergie. Une évolution positive pour les ménages, même si certaines dépenses courantes continuent d’augmenter.
Dans le même temps, la consommation montre des signes de repli, notamment sur certains produits alimentaires et les biens d’équipement, révélant une prudence accrue des habitants face aux incertitudes économiques.
Un modèle à repenser
Au final, ces tendances confirment une réalité bien connue : l’économie de Saint-Pierre-et-Miquelon reste fragile, dépendante de quelques secteurs clés et fortement exposée aux aléas internationaux.
Dans un tel contexte, la diversification économique, le soutien aux entreprises et la valorisation des ressources locales apparaissent plus que jamais comme des priorités pour garantir un développement durable et renforcer l’ancrage du territoire dans la République.




