Un homme déjà connu de la justice a été jugé en comparution immédiate, lundi 19 janvier, pour une agression d’une rare violence commise contre une touriste canadienne à Sainte-Anne. Les faits, survenus vendredi dernier dans un bungalow, soulèvent de lourdes questions sur l’efficacité des mesures judiciaires et la protection des habitants comme des visiteurs.

Vendredi, en fin d’après-midi, une touriste sort de la douche dans son bungalow à Sainte-Anne. La porte n’est pas verrouillée. Un individu s’est introduit à l’intérieur. L’homme menace et agresse la victime, qui parvient finalement à s’enfuir. Profondément choquée, elle reste marquée durablement par cette intrusion violente, comme l’a expliqué son compagnon à l’audience. L’agression s’est produite dans un quartier où la consommation de stupéfiants est régulièrement dénoncée par les riverains.

Un agresseur multirécidiviste qui n’aurait pas dû être là

Le prévenu n’est pas un inconnu pour la justice. Il faisait déjà l’objet d’une interdiction de paraître dans la commune de Sainte-Anne à la suite d’une précédente condamnation. Une mesure manifestement restée lettre morte. Jugé en comparution immédiate, il a dû répondre d’un passage à l’acte qui aurait pu virer au drame et qui porte gravement atteinte à l’image touristique de la commune.

À la barre, la défense a tenté de plaider un parcours de vie chaotique, évoquant un homme brisé par la rue après la perte de sa mère. Un discours désormais bien rodé, souvent invoqué pour atténuer la responsabilité pénale, mais qui peine à convaincre face à la gravité des faits et à la répétition des infractions.

Riverains et victimes livrés à l’angoisse

L’audience a également donné la parole aux habitants. Une voisine est venue décrire un climat d’insécurité permanent, expliquant voir le prévenu rôder, repérer les véhicules et commettre des vols à répétition. Elle a dit vivre dans la peur et redouter son retour dans le quartier, appelant clairement à son éloignement durable de Sainte-Anne.

Cette affaire illustre une nouvelle fois les limites d’un système qui peine à neutraliser les individus dangereux malgré des décisions judiciaires existantes. En Guadeloupe comme ailleurs, la sécurité des habitants et des visiteurs ne peut reposer sur des interdictions théoriques non respectées. Face à la récidive, seule une réponse pénale ferme et effectivement appliquée peut restaurer l’ordre public, protéger les victimes et préserver l’attractivité des territoires français.

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