Coup de tonnerre pour l’édition 2026 du Salon international de l’agriculture : les organisateurs ont annoncé l’absence totale de bovins. Une première depuis 60 ans, justifiée par un choix de prudence face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui touche les troupeaux en Hexagone.
Biguine, première égérie ultramarine, stoppée net
Cette décision entraîne mécaniquement l’absence de Biguine, la vache martiniquaise de race brahman choisie comme égérie 2026. Le président du salon, Jérôme Despey, l’a résumé sans détour : pas de bovins, donc pas d’égérie, tout en rendant hommage aux éleveurs martiniquais de brahman. Née en 2019 à Trinité, sur une exploitation du Galion, Biguine avait quitté la Martinique en décembre pour s’installer en Haute Saône, en Bourgogne Franche Comté, où son entourage indiquait qu’elle s’était bien acclimatée au climat hivernal.
Biguine était accompagnée de quatre autres vaches brahman, une race emblématique de la Martinique et très rare en Hexagone, ce qui avait séduit les organisateurs et permis, pour la première fois, de mettre en avant une égérie ultramarine. Selon la présidente de l’Union des éleveurs bovins brahman, Sandrine Hayot, il avait été prévu que Biguine reste en métropole pour constituer un petit troupeau brahman et valoriser la génétique. Le 7 janvier, une première décision avait déjà été prise : ne présenter aucun bovin au Concours général agricole.
Depuis plusieurs mois, la dermatose nodulaire contagieuse se propage en France. La Savoie a été le premier département touché en juin, avant une diffusion vers le Sud Ouest. Les abattages de troupeaux infectés ont alimenté une forte colère chez les agriculteurs, sur fond de tension déjà élevée dans le secteur.
Même si Biguine se trouve dans une zone non touchée, une présence symbolique a finalement été écartée. Résultat : un salon 2026 sans bovins, sans égérie, et avec un signal préoccupant pour l’élevage, au moment même où les filières cherchent de la visibilité et de la stabilité. Pour les Outre mer, l’occasion manquée est nette : la vitrine nationale qui devait consacrer le brahman martiniquais disparaît, victime d’une crise sanitaire qui rappelle l’urgence d’une politique agricole rigoureuse et protectrice.




