Dans les allées du Salon de l’agriculture à Paris, le rhum s’impose plus que jamais comme un produit phare. Des stands martiniquais aux producteurs réunionnais, en passant par les exposants polynésiens, les territoires d’Outre-mer font rayonner leur savoir-faire. Et la tendance ne faiblit pas.
Un produit ancré dans les habitudes, mais sous surveillance
Cette année, l’AOC Martinique célèbre ses 30 ans, les Réunionnais multiplient les innovations en matière de rhums arrangés et la Polynésie développe le segment du rhum vieux. Un dynamisme qui témoigne d’une filière structurée, ancrée dans les terroirs ultramarins et pleinement intégrée à l’excellence agricole française.
Le rhum arrangé, en particulier, séduit un public élargi. Plus accessible, plus aromatique, il attire toutes les générations. Ananas, banane, pitaya, mais aussi truffe, thym-olive ou figue noire, les recettes se diversifient. Le produit n’est plus cantonné aux stands ultramarins : des producteurs hexagonaux s’y mettent aussi, signe de son succès durable.
Pour autant, les exposants doivent composer avec une réalité moins festive. Certains visiteurs abusent des dégustations gratuites, notamment le week-end. Plusieurs stands ont dû adapter leur organisation, en limitant les dégustations ou en proposant des formules payantes pour éviter les excès. Au village Pacifique, des agents de sécurité supplémentaires ont été mobilisés pour préserver l’image des producteurs et garantir le bon déroulement des ventes.
Dans un contexte où la filière réunionnaise fait face à des débats fiscaux sur la taxation locale, les professionnels préfèrent mettre en avant l’innovation et la qualité plutôt que la polémique. Tous comptent aussi sur les résultats du Concours général agricole pour valoriser leur production.
Produit agricole emblématique des Outre-mer, le rhum confirme ainsi son statut au Salon. Entre tradition, créativité et exigence, il incarne une filière dynamique qui participe pleinement au rayonnement économique et culturel des territoires ultramarins.




