À Paris, lors de ses vœux au ministère des Outre-mer mercredi 28 janvier, Naïma Moutchou a cherché à installer une ligne politique claire : l’Outre-mer ne doit plus être traité comme un dossier secondaire ou uniquement social, mais comme un enjeu central de puissance et de souveraineté pour la France.

Face aux agents et responsables réunis à l’hôtel d’Oudinot, la ministre a réaffirmé les axes déjà mis en avant depuis plusieurs semaines : lutte contre la vie chère, sécurité, et attention particulière à la jeunesse ultramarine, confrontée à un cumul de handicaps liés à l’éloignement, au coût de la vie et à la violence.

Une loi d’orientation avant 2027

Sur le plan économique, Naïma Moutchou a annoncé la préparation d’une nouvelle loi d’orientation des Outre-mer, destinée à fixer un cadre de développement d’ici l’élection présidentielle de 2027. Elle prévoit également un rendez-vous dédié à la promotion de l’économie ultramarine d’ici la fin de l’année 2026.

La ministre insiste sur un point politique majeur : selon elle, le ministère des Outre-mer n’a pas vocation à n’être qu’un outil de réparation ou de redistribution.

Elle revendique au contraire un rôle régalien, parlant d’un « ministère de souveraineté », stratégique, territoriale, économique et institutionnelle. Un message qui tranche avec l’approche longtemps dominante, souvent limitée à la gestion des urgences sociales.

« Les Outre-mer ont une dimension centrale »

Naïma Moutchou a aussi développé une vision géopolitique assumée : la France n’est une puissance mondiale que parce qu’elle est présente dans les trois océans grâce à ses territoires ultramarins. Sans eux, martèle-t-elle, le pays serait réduit à une simple puissance continentale.

Cette rhétorique vise à replacer l’Outre-mer au cœur de la République, non comme périphérie dépendante, mais comme levier stratégique pour la nation, dans un monde marqué par la compétition des puissances et les tensions internationales.

Une promesse d’égalité des chances

Enfin, la ministre a donné un ton plus personnel à son discours, évoquant son parcours d’avocate et son attachement à « l’égalité des chances ». Elle reconnaît que cette promesse reste incomplètement tenue dans les Outre-mer, où la jeunesse subit à la fois la cherté de la vie, la violence, l’éloignement des études supérieures, mais aussi le mépris et parfois le racisme.

Sans prétendre « tout changer », elle affirme vouloir « se battre » sur ces sujets, plaçant ainsi l’année 2026 sous le signe d’un réarmement politique et institutionnel, au service de la cohésion nationale et de l’autorité de l’État.

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