L’Assurance Maladie dresse un constat préoccupant de la santé dans les départements et régions d’Outre-mer. À Mayotte, 21 % des habitants déclarent être en mauvaise ou très mauvaise santé, contre 14 % en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, 11 % à La Réunion et seulement 8 % dans l’Hexagone.

Ces écarts s’expliquent notamment par une pauvreté plus importante, l’éloignement géographique et une offre médicale insuffisante dans plusieurs territoires. Le rapport remis pour 2027 formule une dizaine de propositions spécifiques aux DROM.

Surpoids et consommation excessive de sucre

Dans les DROM, 51,8 % des habitants sont en surcharge pondérale et 22,4 % souffrent d’obésité. Chez les élèves de CM2, le surpoids ou l’obésité concerne également 22,4 % des enfants, contre 18,1 % au niveau national.

L’Assurance Maladie met notamment en cause la consommation fréquente de boissons sucrées, la composition de certains produits industriels et l’accès limité à une alimentation équilibrée. Seuls 16 % des Mahorais consomment quotidiennement des fruits et légumes, contre 59 % dans l’Hexagone.

Le rapport demande que les teneurs en sucre des produits vendus dans les Outre-mer soient strictement alignées sur celles pratiquées dans l’Hexagone. Il propose aussi un grand plan contre le diabète et une relance de la prévention de l’obésité infantile.

La consommation chronique d’alcool est moins élevée en Guadeloupe et à La Réunion, mais ses conséquences restent préoccupantes. En Guadeloupe, 31 % des femmes enceintes déclareraient consommer de l’alcool, contre 20 % dans l’Hexagone. Ce chiffre ne correspond pas au taux de syndrome d’alcoolisation fœtale, contrairement à ce que certaines présentations ont laissé entendre.

Dépistage et santé mentale très dégradés

La participation aux dépistages organisés des cancers demeure insuffisante. Pour le cancer du sein, elle varie de 18,5 % à Mayotte à 55,2 % en Martinique, contre 60 % au niveau national.

Les infections sexuellement transmissibles sont également plus fréquemment diagnostiquées. Le taux de syphilis est près de trois fois supérieur à celui de l’Hexagone, tandis que la vaccination contre les papillomavirus reste particulièrement faible. L’Assurance Maladie propose d’adapter les campagnes aux réalités locales et d’élargir la participation des infirmiers aux dépistages.

La santé mentale constitue l’un des constats les plus alarmants. Près de quatre jeunes ultramarins sur dix présenteraient des symptômes dépressifs. Selon le rapport, le taux de suicide serait vingt fois plus élevé à La Réunion que dans l’Hexagone.

Cette situation s’accompagne d’un manque considérable de spécialistes. Mayotte ne compte que trois psychologues pour 100 000 habitants, contre 36 dans l’Hexagone. Le programme « Mon soutien psy » reste peu utilisé en raison du manque de praticiens et de l’obligation d’effectuer la première séance en présentiel.

L’Assurance Maladie recommande d’autoriser cette première consultation à distance, de développer les téléconsultations assistées et de mieux rémunérer certains actes dans les DROM. L’égalité républicaine en matière de santé exige désormais des mesures concrètes, une prévention mieux adaptée et une présence médicale renforcée dans chaque territoire.

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