Le gouvernement a adopté, mercredi 18 février, un avant-projet de loi du pays visant à moderniser le statut des praticiens hospitaliers. Le texte prévoit notamment de confier leur recrutement aux établissements de santé eux-mêmes et d’autoriser l’exercice libéral en parallèle. Une évolution présentée comme indispensable pour renforcer l’attractivité et la souplesse du système hospitalier calédonien.
Jusqu’à présent, les médecins, chirurgiens, pharmaciens et chirurgiens-dentistes exerçant dans les établissements publics étaient recrutés directement par le gouvernement. Un mode de gestion jugé trop centralisé et peu réactif. Selon l’exécutif, cette organisation complexifie les embauches, allonge les délais et freine les évolutions de carrière.
Le texte propose donc de transférer la gestion des nominations et des carrières aux hôpitaux eux-mêmes. L’objectif est clair : donner davantage d’autonomie aux structures hospitalières afin qu’elles puissent recruter plus rapidement et adapter leurs effectifs aux besoins réels du terrain. À terme, une réflexion est également engagée sur l’organisation du temps de travail, avec la volonté affichée d’en améliorer les conditions.
L’exercice libéral enfin autorisé
Autre évolution majeure : les praticiens hospitaliers pourraient désormais exercer une activité libérale en parallèle de leur fonction publique. Une possibilité qui existe déjà en métropole, mais qui n’était pas ouverte en Nouvelle-Calédonie.
Cette mesure est présentée comme une réponse à une demande ancienne des professionnels, notamment pour compléter leur rémunération et rendre les postes plus attractifs. Dans un territoire confronté à des difficultés de recrutement médical et à une tension croissante sur l’offre de soins, cette ouverture vise à limiter les départs et à renforcer l’ancrage des praticiens.
L’avant-projet de loi, adopté à l’unanimité par le gouvernement, doit désormais être examiné par le Conseil d’État avant d’être soumis au Congrès.
Vers un chantier plus large de modernisation du système de santé
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus global. D’autres mesures sont à l’étude, notamment la mise en place d’une bonification d’ancienneté et d’une prime de stabilité pour les personnels paramédicaux et les cadres de santé. Ces dispositifs, déjà prêts, n’ont pas encore été examinés par le Congrès.
Par ailleurs, l’exécutif annonce l’organisation prochaine d’un « Ségur de la santé calédonien », attendu en avril, afin de structurer durablement le système de soins. L’enjeu est de taille : garantir la continuité et la qualité des services hospitaliers dans un contexte budgétaire contraint et face à des besoins sanitaires croissants.
Dans un territoire où l’accès aux soins reste un pilier de la cohésion sociale, cette première réforme marque une volonté d’adapter le modèle hospitalier aux réalités locales, tout en renforçant son attractivité et sa capacité d’action.




