La mortalité périnatale continue de progresser en France et les Outre-mer demeurent les territoires les plus exposés. Selon les dernières données publiées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la Guadeloupe affiche en 2024 le taux le plus élevé du pays, confirmant les profondes inégalités qui persistent en matière de santé maternelle et infantile.
En 2024, la France a enregistré 661 822 naissances, dont 7 398 enfants nés sans vie ou décédés au cours de leur première semaine de vie. Le taux national atteint désormais 11,2 décès pour 1 000 naissances, contre environ 10 pour 1 000 entre 2014 et 2021. Cette évolution place la France parmi les pays européens affichant les résultats les plus défavorables dans ce domaine.
Les écarts entre les territoires restent particulièrement marqués. Les départements et régions d’Outre-mer enregistrent des taux de mortalité périnatale en moyenne 60 % supérieurs à ceux observés dans l’Hexagone.
Les Outre-mer concentrent les taux les plus élevés
Avec 21 décès pour 1 000 naissances, la Guadeloupe demeure le département français le plus touché. Ce niveau est plus de deux fois supérieur à celui observé en Auvergne-Rhône-Alpes, région qui présente les meilleurs indicateurs.
Mayotte et la Martinique affichent également des taux supérieurs à 20 décès pour 1 000 naissances, tandis que la Guyane enregistre un niveau légèrement inférieur à ce seuil. La Réunion présente une situation moins dégradée que les autres territoires ultramarins avec 12,6 décès pour 1 000 naissances, mais reste au-dessus de la moyenne nationale.
Selon la Drees, ces écarts traduisent des réalités sanitaires, sociales et territoriales différentes, notamment en matière d’accès aux soins, de suivi des grossesses et de conditions de vie.
Les grossesses multiples demeurent particulièrement exposées. Dans les Outre-mer, leur taux de mortalité périnatale atteint 52,7 décès pour 1 000 naissances, contre 16,1 pour les grossesses uniques.
Des facteurs de risque bien identifiés
L’étude rappelle que la prématurité constitue le principal facteur associé à ces décès. Les naissances intervenant avant 37 semaines d’aménorrhée représentent plus de huit décès périnataux sur dix.
L’âge de la mère influence également le niveau de risque. Les femmes âgées de moins de 20 ans ou de plus de 40 ans présentent des taux sensiblement plus élevés que celles âgées de 30 à 34 ans.
Le rapport souligne par ailleurs que les interruptions médicales de grossesse demeurent moins fréquentes dans les Outre-mer que dans l’Hexagone, malgré un taux global de mortinatalité supérieur.
Au-delà des facteurs médicaux, la Drees insiste sur le poids des inégalités territoriales et sociales. Les difficultés d’accès aux spécialistes, les disparités dans l’offre de soins, les conditions socio-économiques ainsi que les contraintes géographiques continuent de peser sur le suivi des grossesses dans plusieurs territoires ultramarins.
Ces nouvelles données relancent le débat sur les moyens consacrés à la santé périnatale dans les Outre-mer. Alors que les écarts avec l’Hexagone demeurent importants, elles rappellent la nécessité de renforcer durablement les capacités hospitalières, le suivi des femmes enceintes et l’accès à des soins de qualité afin de garantir une véritable égalité sanitaire entre tous les territoires de la République.



