Un rapport remis au ministère de la Santé alerte sur la situation préoccupante de la santé mentale chez les jeunes et recommande la mise en œuvre de dix mesures urgentes pour améliorer leur prise en charge. L’objectif affiché est d’intervenir plus tôt afin d’éviter l’aggravation des troubles psychiques et les ruptures de parcours de soins.
Le document, rédigé notamment par les psychiatres Rachel Bocher et Marie-Odile Krebs avec la contribution d’Angèle Malâtre-Lansac, souligne que les troubles psychiques représentent aujourd’hui la première cause de morbidité et de handicap chez les jeunes âgés de 15 à 25 ans. Les spécialistes rappellent également qu’entre 63 et 75 % des maladies psychiatriques apparaissent avant l’âge de 25 ans.
Malgré ces données, l’accès aux soins reste particulièrement lent en France. Selon le rapport, les délais de prise en charge peuvent atteindre deux à cinq ans pour des troubles psychotiques débutants et jusqu’à dix ans pour certains troubles bipolaires, alors que les experts estiment qu’une intervention devrait idéalement intervenir dans les trois mois suivant les premiers signes.
Les auteurs dénoncent un système de soins jugé fragmenté et difficile à comprendre pour les familles. Les dispositifs existants souffrent notamment d’importantes disparités territoriales et d’un manque de coordination entre les services de pédopsychiatrie et de psychiatrie pour adultes.
Parmi les mesures proposées figure la création d’un centre national de ressources dédié à la santé mentale des jeunes afin d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire. Le rapport recommande également la mise en place d’un maillage territorial structuré, la formation renforcée des professionnels en contact avec les jeunes et le développement d’outils numériques de dépistage précoce.
Inspirées d’expériences déjà mises en place dans plusieurs pays comme l’Australie, le Royaume-Uni ou le Canada, ces recommandations plaident pour une transformation en profondeur des pratiques et pour un financement durable des dispositifs. Pour les auteurs, agir tôt reste la clé afin d’éviter que la souffrance psychique des jeunes ne s’installe durablement et n’évolue vers des troubles plus graves.




