Un comité indépendant d’experts, mis en place fin avril 2025 par l’Agence régionale de santé et la Collectivité territoriale de Martinique après de fortes perturbations au collège Robert 3, recommande la création d’un plan global Sargasses Santé. Objectif : passer d’une gestion au coup par coup à une stratégie sanitaire structurée, adaptée à une exposition qui n’a plus rien de ponctuel.
Un toxidrome identifié et des centaines de personnes touchées
Le rapport final dresse un constat préoccupant : près de 750 patients, dont des élèves et des personnels scolaires, ont présenté un tableau clinique désormais identifié comme le toxidrome sargasses. Maux de tête, vertiges, troubles respiratoires, irritations oculaires, malaises et troubles digestifs sont rapportés de manière répétée chez des personnes exposées aux émanations issues de la décomposition des algues, parfois même sans dépassement des seuils enregistrés par les capteurs.
Coordonnés par le professeur Dabor Resiere, toxicologue et réanimateur au CHU de Martinique, les experts ont mené huit mois de travaux. Ils estiment que la situation relève d’un problème de santé publique croissant et critiquent des recommandations nationales jugées inadaptées à une exposition chronique, vécue au quotidien dans certaines zones.
Parmi les priorités avancées : renforcer la réponse sanitaire avec davantage de consultations mobiles de toxicologie, organiser un suivi médical à long terme des personnes exposées et concentrer l’effort sur les publics vulnérables, notamment les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes atteintes de pathologies chroniques. Le comité demande aussi de revoir les critères d’alerte en intégrant les symptômes cliniques au cœur du dispositif, et pas seulement les données environnementales.
Autre axe majeur : améliorer la surveillance de la qualité de l’air autour des établissements scolaires, avec des dispositifs continus et une évaluation du risque adaptée à chaque site. Les experts réclament enfin une meilleure coordination entre institutions et une communication plus claire envers les populations concernées. Le message est net : les sargasses ne sont plus une nuisance saisonnière, mais un enjeu sanitaire durable, qui exige une réponse ferme, organisée et suivie dans le temps.




