Face à un bilan 2025 particulièrement lourd sur les routes de Martinique, l’État a lancé ce mardi 13 janvier plusieurs opérations de contrôles routiers d’envergure. Menées en présence du préfet, ces actions ont provoqué d’importants embouteillages, notamment à Ducos et au Lamentin, mais traduisent une volonté claire de reprise en main de l’ordre public routier.
Dès le milieu de l’après-midi, un dispositif de gendarmerie a été installé à Ducos, au carrefour stratégique entre la route du Bac et l’avenue Jean-Jaurès. Une seconde opération a suivi à partir de 16 heures au rond-point de Lareinty, au Lamentin, cette fois en zone police, avec des contrôles de vitesse effectués par radar banalisé sur l’axe menant à Fort-de-France.
Ces opérations ont rapidement généré de fortes perturbations de circulation. À Ducos, un premier incident a illustré la gravité de la situation : un motard a refusé d’obtempérer et pris la fuite, obligeant les forces de l’ordre à engager une poursuite appuyée par un hélicoptère. Un épisode révélateur du climat de défiance et d’irresponsabilité qui règne encore trop souvent sur les routes de l’île.
Un constat implacable qui impose l’autorité de l’État
Les chiffres provisoires de la sécurité routière pour 2025 justifient pleinement ce durcissement des contrôles. Si le nombre d’accidents corporels reste relativement stable avec 543 faits recensés, le nombre de victimes connaît une hausse alarmante. La Martinique déplore 39 morts sur les routes, soit le bilan le plus lourd depuis 2007, contre 24 décès en 2023 et 2024.
Les deux-roues motorisés concentrent à eux seuls près de 44 % des accidents corporels et sont impliqués dans 17 accidents mortels. Les véhicules légers suivent, tandis que sept piétons ont également perdu la vie. La majorité des drames surviennent hors agglomération et de nuit, dans des conditions où les comportements à risque sont massivement en cause.
Vitesse excessive, alcool, stupéfiants : ces facteurs sont omniprésents dans les accidents mortels. Plus inquiétant encore, une part considérable des auteurs circulaient sans permis valide ou sans assurance, illustrant un affaiblissement préoccupant du respect de la loi. Le non-port du casque ou de la ceinture reste également largement répandu chez les victimes.
Dans ce contexte, les contrôles engagés par les forces de l’ordre apparaissent non seulement légitimes, mais indispensables. La sécurité routière relève de la responsabilité individuelle, mais aussi de l’autorité de l’État, qui ne peut tolérer plus longtemps l’anarchie et les comportements délinquants sur les routes martiniquaises. Restaurer la discipline routière est une exigence de protection collective, au service de la vie et de l’ordre public.




