La mortalité routière repart à la hausse en 2025, et les Outre-mer sont particulièrement touchés. Selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 253 personnes ont perdu la vie sur les routes ultramarines, soit une hausse de 6 % par rapport à 2024. Dans l’Hexagone, l’augmentation est plus contenue : 3 260 morts, soit +2,1 %.
Au total, sur l’ensemble du territoire national, 3 513 décès sont recensés en 2025. Une situation que la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, qualifie d’« inadmissible », dénonçant des drames largement évitables.
Un facteur de plus en plus présent : le protoxyde d’azote
Sans surprise, les causes classiques demeurent : alcool, stupéfiants, vitesse, comportements à risque. Mais cette année, les autorités mettent l’accent sur un phénomène jugé particulièrement préoccupant : l’usage détourné du protoxyde d’azote, le « gaz hilarant ».
La ministre estime que ce produit est à l’origine de “trop nombreux” accidents, au point d’être érigé en priorité d’action gouvernementale pour 2026. Derrière ce constat, un avertissement clair : la banalisation de ce gaz chez certains conducteurs, notamment jeunes, alimente une spirale d’irresponsabilité routière.
Blessés graves : une autre alerte
Autre indicateur inquiétant : les blessés graves, dont le nombre est estimé à 16 600, en hausse de 4 %. Une progression qui confirme que la dégradation de la sécurité routière ne se limite pas aux décès.
Les nouvelles mobilités explosent : trottinettes, EDPM…
Dans le détail des victimes, les automobilistes restent la première catégorie concernée : 1 563 morts (+45), soit 48 % des décès.
Mais le choc statistique vient des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), dont les trottinettes électriques : 80 morts, soit 35 de plus qu’en 2024. Une hausse brutale qui interroge directement la régulation, le contrôle, l’équipement de protection et la responsabilisation des usagers.
Les usagers dits « vulnérables » paient aussi un lourd tribut :
501 piétons tués (+45)
234 cyclistes tués (+10)
Seule évolution positive : les deux-roues motorisés reculent avec 691 tués (-29).
Les mineurs davantage touchés : une rupture inquiétante
Le bilan 2025 marque également une hausse préoccupante des décès chez les mineurs :
enfants de 0 à 13 ans : +12 décès
adolescents de 14 à 17 ans : +41 décès
À l’inverse, la mortalité des 18-24 ans recule légèrement. Une évolution qui inquiète : elle suggère une aggravation du risque routier dès l’enfance et l’adolescence, avec des causes possibles allant de la vigilance des adultes aux comportements de plus en plus précoces liés aux mobilités et à l’exposition aux conduites à risque.
Hors agglomération : là où l’insécurité progresse le plus
Enfin, la géographie de l’accidentologie confirme une tendance lourde : les routes hors agglomération deviennent plus meurtrières :
+57 tués hors agglomération
+24 sur autoroutes
-14 en ville
Dans les Outre-mer, où certaines infrastructures sont plus fragiles et les contrôles parfois plus difficiles, cette donnée renforce l’urgence d’une réponse ferme : prévention, sanction, amélioration du réseau, mais aussi lutte résolue contre les addictions et les conduites irresponsables.




