Une vive émotion a traversé une commune des Pyrénées-Orientales après la mort de Tehina, une adolescente de 12 ans d’origine polynésienne, qui s’est donné la mort à son domicile dans la nuit du 22 au 23 janvier. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lors d’une marche blanche organisée en sa mémoire, témoignant d’un choc collectif et d’une incompréhension persistante face à ce drame qui touche une enfant issue des Outre-mer vivant dans l’Hexagone.

La mobilisation, silencieuse et marquée par des vêtements roses, couleur appréciée par la jeune fille, a réuni camarades de classe, familles et habitants. Tous ont voulu rappeler l’image d’une enfant décrite comme joyeuse, bienveillante et souriante, loin des clichés d’une adolescente en détresse visible. Le cortège s’est arrêté dans des lieux qu’elle fréquentait régulièrement, notamment à proximité de son collège et d’espaces de loisirs, renforçant le sentiment d’une rupture brutale et inexpliquée.

Très rapidement, les autorités éducatives ont mis en place un accompagnement psychologique au sein de l’établissement scolaire afin de soutenir élèves et enseignants. Des vérifications ont été conduites sur le climat scolaire, et les premiers éléments recueillis n’ont pas mis en évidence de faits de harcèlement. Cette piste, souvent évoquée dans ce type de tragédie, a été écartée à ce stade par les enquêteurs, qui soulignent l’absence de signalements ou d’alertes antérieures.

L’enquête judiciaire privilégie désormais une autre hypothèse, plus sensible et lourde de conséquences : celle de violences intrafamiliales. Sans entrer dans le détail, les services d’enquête estiment que le geste de l’adolescente pourrait s’inscrire dans un cadre strictement privé, éloigné de la sphère scolaire. Cette orientation, si elle venait à se confirmer, poserait une nouvelle fois la question de la détection des violences au sein des familles et des défaillances de protection des mineurs, y compris dans des environnements perçus comme socialement stables.

Le père de la jeune fille a fait part de son incompréhension, expliquant n’avoir jamais perçu de signaux inquiétants, ni à travers la scolarité ni dans les retours institutionnels. Ce décalage entre l’image extérieure d’une enfant intégrée et la réalité intime présumée alimente aujourd’hui le trouble et le malaise autour de cette affaire.

Au-delà de l’hommage rendu, ce drame rappelle la vulnérabilité particulière des mineurs ultramarins vivant loin de leur territoire d’origine, parfois pris entre plusieurs cadres familiaux et culturels. Il met aussi en lumière les limites des dispositifs de prévention et la difficulté des institutions à intervenir en amont lorsque la souffrance reste confinée à la sphère privée. L’enquête se poursuit afin de déterminer précisément les responsabilités et les circonstances ayant conduit à ce geste irréversible.

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