Au 1er décembre 2025, la France comptait plus de 86 000 détenus pour à peine 63 600 places opérationnelles. Un chiffre en hausse continue qui confirme l’enlisement du système pénitentiaire, avec un taux de surpopulation dépassant désormais 135 %. Loin d’être abstraite, cette réalité frappe particulièrement les maisons d’arrêt, où la promiscuité devient la norme plutôt que l’exception.
Les territoires ultramarins figurent parmi les plus durement touchés, avec une densité carcérale proche de 150 %, dépassée seulement par l’Île-de-France. Guadeloupe, Martinique ou encore Guyane concentrent les difficultés : établissements vétustes, cellules sur-occupées, tensions permanentes pour les personnels pénitentiaires. Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave, nourrie par une hausse de la délinquance et par des réponses pénales plus fermes, assumées par l’État.
Certains plaident pour une « régulation carcérale », euphémisme technocratique qui consiste à limiter les incarcérations ou à faciliter les sorties pour faire baisser artificiellement les chiffres. Une solution dangereuse, qui reviendrait à faire primer le confort statistique sur l’exécution des peines et sur la sécurité des citoyens, notamment dans des territoires ultramarins déjà confrontés à une violence structurelle.
Le véritable enjeu est ailleurs : construire, rénover, recruter, et assumer une politique pénale cohérente. L’Outre-mer ne peut rester le parent pauvre de la justice régalienne. Défendre l’autorité de l’État et l’égalité devant la loi suppose des moyens concrets, pas des renoncements déguisés. La surpopulation carcérale n’est pas un argument contre la fermeté : elle est la preuve que la République doit aller jusqu’au bout de ses responsabilités, partout sur son territoire.




