Depuis le lundi 12 janvier, une partie des conducteurs de bus à haut niveau de service a fait usage de son droit de retrait, invoquant des conditions de circulation dégradées sur le réseau TCSP. En cause, un site propre régulièrement envahi par des véhicules non autorisés, au mépris des règles et de la sécurité, dans un contexte où l’autorité publique peine encore à s’imposer pleinement.
Les syndicats de chauffeurs pointent une insécurité devenue structurelle. Le non-respect répété du couloir réservé, par des automobilistes privés comme par certains transports informels, expose quotidiennement les conducteurs et les usagers. La mort d’une femme en décembre à Fort-de-France, à la suite d’un accident sur la voie du BHNS, a brutalement rappelé les conséquences humaines d’un laisser-aller devenu trop fréquent sur les infrastructures publiques.
Des engagements concrets pour restaurer la sécurité
Face à la situation, les autorités ont multiplié les réunions ces derniers jours avec les représentants syndicaux. Martinique Transport, la police nationale, la ville de Fort-de-France et les services concernés ont acté plusieurs mesures. Les feux de signalisation en zone urbaine ont été testés et jugés fonctionnels, avec un parcours de vérification prévu dès lundi par les conducteurs eux-mêmes afin d’en valider les réglages.
Sur la portion autoroutière relevant de la Collectivité territoriale de Martinique, un calendrier précis a été annoncé. Les feux et la signalisation doivent être intégralement remis en état avant la fin du mois. La police nationale a, de son côté, confirmé un renforcement des contrôles, avec des verbalisations déjà engagées dans certains secteurs sensibles, notamment à Sainte-Thérèse, et une extension annoncée sur l’ensemble du tracé.
Une autorité encore attendue sur le terrain
Malgré ces avancées, aucune certitude ne se dégage quant à une reprise effective du service dès lundi. Les syndicats maintiennent la pression et poursuivent les discussions, avec de nouvelles réunions programmées ce samedi. Cette prudence traduit une défiance persistante face à des promesses longtemps restées sans effets concrets.
Au-delà du conflit social, l’épisode illustre une difficulté récurrente dans les territoires ultramarins : faire respecter la règle commune et protéger les infrastructures publiques face aux comportements anarchiques. La continuité du service, la sécurité des salariés et la confiance des usagers supposent un État pleinement présent, capable d’imposer l’ordre et de garantir le bon fonctionnement des équipements financés par l’argent public. Sans cette fermeté, aucun réseau de transport moderne et fiable ne peut durablement fonctionner.




