La Guyane franchit une étape majeure dans le développement de son sport avec l’organisation, du 6 au 11 janvier à Cayenne, de son tout premier tournoi international féminin de tennis, labellisé ITF W15. Porté par la ligue de tennis de Guyane et validé par l’International Tennis Federation, cet événement marque l’entrée officielle du territoire dans le circuit mondial, longtemps réservé à d’autres régions françaises et antillaises mieux dotées.

Ce tournoi n’est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, la ligue guyanaise structure patiemment la discipline, avec une stratégie claire : offrir aux joueuses locales et régionales un accès direct au haut niveau sans devoir systématiquement quitter le territoire. Avec plus de 1 700 licenciés, un record historique, le tennis guyanais démontre qu’il existe un vivier réel, dès lors que l’on investit dans des compétitions ambitieuses plutôt que dans les discours de renoncement.

Sur les courts cayennais, quatorze joueuses venues de France et de la zone régionale, Antilles, océan Indien, Brésil ou Suriname – vont s’affronter pour des points ITF décisifs dans une carrière professionnelle. Même si aucune Guyanaise ne figure finalement au tableau en raison d’une blessure de dernière minute, la présence de joueuses ultramarines rappelle que la Guyane est pleinement intégrée à l’espace sportif français et international.

Au-delà de l’enjeu sportif, ce tournoi illustre une réalité trop souvent ignorée : le sport de haut niveau est aussi un levier économique et d’attractivité. Arbitrage, encadrement fédéral, accueil des délégations, visibilité nationale… la Guyane prouve qu’elle sait organiser, accueillir et rayonner, sans complexe ni dépendance. La confirmation annoncée de futurs tournois féminins, masculins et jeunes vient consacrer une dynamique vertueuse : quand on mise sur l’excellence et l’unité, les Outre-mer avancent et la France en sort renforcée.

Privacy Preference Center