La cour criminelle départementale a rendu son verdict ce mercredi 7 janvier dans l’affaire de la tentative de braquage survenue à Saint-Claude en 2023. Trois jeunes majeurs ont été condamnés à des peines allant de quatre à six ans de prison, tandis que la quatrième prévenue a été acquittée. Une décision qui entend sanctionner des faits graves tout en tenant compte des profils des accusés.
Les faits remontent à une tentative de vol avec arme organisée selon un mode opératoire particulièrement inquiétant. Le principal instigateur, déjà incarcéré à l’époque, avait monté le piège depuis sa cellule. Le jour des faits, deux complices s’étaient rendus sur place, dont l’un portait une arme. La quatrième accusée, présentée comme un appât destiné à attirer la victime, a finalement été mise hors de cause par la juridiction.
Les deux principaux protagonistes, à savoir le commanditaire et l’homme armé, ont été condamnés à six ans de réclusion criminelle. Le troisième accusé, présent lors de la tentative mais sans rôle moteur, écope de quatre ans de prison. Ces peines restent sensiblement inférieures aux réquisitions de l’avocate générale, qui avait demandé jusqu’à douze ans d’emprisonnement.
Une sanction ferme mais mesurée
Pour motiver sa décision, la cour a tenu compte de plusieurs éléments avancés par la défense. Les magistrats ont estimé que le dossier aurait pu relever d’une juridiction correctionnelle plutôt que criminelle. Ils ont également pris en considération l’absence d’antécédents judiciaires significatifs, l’âge des accusés, compris entre 21 et 23 ans, ainsi que les regrets exprimés à l’audience.
Les parties civiles, de leur côté, ont accueilli le verdict avec soulagement. Les débats ont permis de rappeler que la tentative n’avait fait aucun blessé, qu’aucun coup de feu n’avait été tiré et que les objets dérobés avaient été rapidement récupérés avant toute fuite.
En prononçant ces peines, la cour a toutefois tenu à adresser un signal clair. Si les conséquences ont été limitées, les faits n’en demeurent pas moins graves et traduisent une dérive préoccupante vers une criminalité organisée, y compris depuis le milieu carcéral. La justice a ainsi voulu rappeler que l’ordre public ne saurait tolérer ce type de passages à l’acte, tout en laissant une possibilité de réinsertion à des auteurs encore jeunes.




