La disparition tragique de Gérald Malaussena, plongeur expérimenté de l’Institut polaire français, rappelle avec force l’engagement discret mais essentiel des femmes et des hommes qui servent la France jusque dans ses territoires les plus extrêmes. Porté disparu depuis le 13 janvier lors d’une plongée sous la banquise à proximité de la station Dumont d’Urville, en Terre Adélie, son corps a été retrouvé ce jeudi 22 janvier, mettant fin à plus d’une semaine de recherches d’une ampleur exceptionnelle.

Mobilisant les équipes des Terres australes et antarctiques françaises, l’Institut polaire, la Marine nationale, la gendarmerie et même la garde côtière américaine, ces opérations illustrent la coopération internationale mais aussi la capacité de l’État français à agir, y compris aux confins du continent antarctique. Sonars, véhicules sous-marins, forages méthodiques de la banquise : tous les moyens disponibles ont été engagés pour tenter de retrouver l’agent disparu, dans des conditions parmi les plus hostiles au monde.

Professionnel reconnu, apprécié de ses collègues pour sa rigueur et son humanité, Gérald Malaussena participait pour la cinquième fois à une mission estivale en Antarctique. Son parcours incarne ces serviteurs de l’intérêt général souvent invisibles, mais indispensables à la recherche scientifique, à la souveraineté française et à la présence continue de la France sur ses territoires ultramarins, y compris antarctiques.

Au-delà de l’émotion légitime, ce drame rappelle une réalité trop souvent ignorée : les Terres australes et antarctiques françaises ne sont pas un symbole abstrait, mais un espace bien réel, où des Français travaillent, risquent leur vie et font vivre la présence nationale. À l’heure où certains relativisent ou contestent cette souveraineté, l’hommage dû à Gérald Malaussena est aussi celui rendu à l’engagement de la France, entière, jusque sous la banquise.

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