À Leiden, aux Pays-Bas, le Wereldmuseum accueille “Time for Papua”, la plus grande exposition au monde consacrée à l’art papou. Constituée depuis soixante ans, cette collection exceptionnelle rassemble 400 objets sélectionnés parmi 50 000 pièces. Mais au-delà de la richesse patrimoniale, l’événement porte un message fort : l’affirmation culturelle comme socle d’un combat politique pour la Papouasie occidentale.

Un héritage culturel au cœur d’un combat contemporain

L’inauguration a donné le ton. Une quinzaine de Papous ont ouvert l’exposition par une cérémonie traditionnelle, entre messages de paix et hommage aux disparus. Parmi eux, Raki Ap, fils d’Arnold Ap, figure majeure de la culture papoue, assassiné en 1984 après son arrestation par les autorités indonésiennes. Son parcours incarne le lien intime entre création artistique et revendication identitaire dans un territoire dont l’intégration à l’Indonésie en 1969 reste contestée par une grande partie de la population papoue.

L’exposition mêle objets traditionnels et créations contemporaines : bijoux, outils, masques, armes, totems monumentaux de plus de six mètres, photographies, films, gravures. Elle met en lumière la diversité des cultures papoues, leurs visions du monde et les influences qui ont marqué leur histoire, de la colonisation néerlandaise à l’essor des industries minières.

Une sculpture monumentale dédiée à Arnold Ap, réalisée par l’artiste Dicky Takndare, occupe une place centrale. Pour les organisateurs, l’art devient ici un outil de mémoire et de transmission. Le projet a été mené en collaboration avec la diaspora papoue aux Pays-Bas et avec des acteurs culturels de Papouasie occidentale.

“Time for Papua” dépasse ainsi le cadre muséal. Elle interroge la place des identités océaniennes dans le monde contemporain et rappelle que, dans le Pacifique comme ailleurs, la culture demeure un levier puissant de reconnaissance et de dignité. L’exposition est visible jusqu’au 3 janvier 2027.

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