Sur les plages guyanaises, un silence inhabituel intrigue. Alors que la saison de ponte est lancée, les tortues vertes, attendues dès janvier, brillent par leur absence.
Une saison de ponte au ralenti
Habituellement, les tortues vertes viennent pondre entre janvier et avril. Mais cette année, le constat est sans appel : seules quatre pontes ont été recensées, contre plus de 300 à la même période en 2025. Une chute brutale qui n’a pas échappé aux habitants du littoral comme aux spécialistes.
Sur le terrain, les équipes poursuivent malgré tout leur travail de surveillance. Les plages de Rémire-Montjoly sont scrutées à la recherche de traces ou de nids, mais pour l’instant, les indices restent rares.
Cette situation surprend, sans pour autant alarmer les experts. Les tortues marines ne pondent pas chaque année. Leur cycle de reproduction dépend notamment de leur état physique et des ressources alimentaires disponibles en mer.
Une hypothèse se dessine : les conditions environnementales auraient pu modifier les ressources en nourriture, entraînant un décalage des cycles. Certaines tortues auraient ainsi pondu l’an dernier pour deux saisons, laissant 2026 presque vide.
Pendant ce temps, une autre espèce répond présente. Les tortues luths, elles, ont déjà entamé leur saison avec 22 pontes recensées, soit deux fois plus que l’an dernier à la même date.
Une dynamique contrastée qui rappelle une réalité : en Guyane, la nature reste imprévisible, même pour des espèces emblématiques du littoral.



