L’État brésilien de l’Amapá bénéficie depuis plusieurs mois d’un essor touristique marqué, largement porté par la fréquentation en provenance de Guyane. Facilités par le pont binational de l’Oyapock et par une politique d’ouverture assumée, les déplacements des Guyanais vers le nord du Brésil sont devenus un levier économique majeur pour les territoires voisins.
La tendance est désormais clairement identifiée par la presse brésilienne comme par les autorités locales. Oiapoque, ville frontalière, mais aussi Macapá, capitale régionale, enregistrent une hausse continue du nombre de visiteurs guyanais. Hôtels, restaurants, commerces et services touristiques profitent directement de cette clientèle régulière, au point que le tourisme transfrontalier s’impose comme un moteur de croissance pour l’économie amapaense.
Le pont de l’Oyapock, outil stratégique enfin pleinement utilisé
Mis en service en 2017, le pont binational commence à produire les effets attendus en matière de mobilité régionale. La circulation demeure largement déséquilibrée, les Brésiliens restant soumis à des contraintes administratives pour entrer en Guyane, tandis que les Guyanais bénéficient d’un accès fluide au territoire brésilien. Cette asymétrie, loin d’être neutre, favorise aujourd’hui nettement l’économie de l’Amapá.
Tout au long de l’année 2025, les passages frontaliers se sont multipliés. De nombreux Guyanais traversent désormais la frontière avec leur propre véhicule, que ce soit pour de courts séjours ou pour des vacances prolongées. Cette évolution s’inscrit aussi dans un cadre politique stabilisé, avec un dialogue régulier entre les autorités de l’Amapá et celles de Guyane, notamment sur les questions de coopération régionale.
Une offre touristique compétitive et attractive
L’Amapá a su adapter son offre à cette nouvelle réalité. Les infrastructures hôtelières se sont modernisées, les événements culturels se sont multipliés et la gastronomie brésilienne continue de séduire une clientèle guyanaise en quête de dépaysement à coût maîtrisé. À cela s’ajoutent des atouts naturels majeurs, valorisés par une stratégie axée sur l’écotourisme et la découverte du patrimoine amazonien.
Les chiffres confirment cette dynamique. À l’approche des fêtes de fin d’année, les files de véhicules immatriculés en France se sont allongées au poste de contrôle de l’Oyapock. Au 28 décembre, plus de 12 000 entrées avaient déjà été enregistrées, laissant présager un dépassement du record établi l’année précédente.
Au-delà de l’Amapá, le Brésil s’impose plus largement comme une destination de référence pour les Guyanais. Les liaisons aériennes vers Belém ou Fortaleza affichent régulièrement complet, preuve d’un ancrage durable du voisin brésilien dans les habitudes touristiques régionales.
Cette dynamique illustre une réalité stratégique : lorsque les infrastructures existent et que les frontières sont maîtrisées, la coopération régionale peut produire des bénéfices économiques tangibles. Elle souligne aussi l’importance, pour la France et ses territoires ultramarins, de penser leur développement dans un cadre régional assumé, tout en préservant leurs intérêts et leur souveraineté.




