Le Haut-Commissaire de la République en Polynésie française durcit la riposte contre les trafics de stupéfiants. Dans le cadre du plan de lutte récemment présenté aux maires, au président du Pays et à son gouvernement, l’État met en œuvre de nouveaux outils juridiques pour reprendre le contrôle de l’espace public et neutraliser durablement les réseaux criminels.
Dans un communiqué adressé aux médias, le Haut-Commissariat annonce l’intensification des opérations menées par la police, la gendarmerie et les douanes. Ces actions ciblées reposent sur des opérations de déstabilisation et de harcèlement des points de vente de drogue, combinant interpellations judiciaires et mesures administratives. L’objectif est clair : entraver concrètement l’activité des réseaux, empêcher la présence des trafiquants sur les lieux de vente et restaurer la tranquillité des riverains.
Ces nouvelles modalités s’appuient sur la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ce texte renforce les prérogatives du représentant de l’État, notamment par la possibilité de fermer administrativement des établissements impliqués dans le blanchiment ou servant de relais à des activités délinquantes. À ce titre, le Haut-Commissaire avait déjà ordonné, en octobre dernier, la fermeture pour un mois d’un établissement de restauration rapide du boulevard Pomare à Papeete, après des condamnations prononcées par le tribunal correctionnel.
Reprendre l’espace public aux réseaux criminels
Parmi les outils désormais activés figure l’interdiction de paraître, une mesure inédite en Polynésie française. Pour la première fois, le Haut-Commissaire Alexandre Rochatte a pris plusieurs arrêtés interdisant à des consommateurs et revendeurs identifiés de se rendre dans des zones où s’organisent des trafics de stupéfiants. Cette restriction ciblée de la liberté d’aller et venir repose sur des éléments probants établis par les forces de sécurité intérieure, notamment la présence répétée d’individus sur des sites de deal.
Les arrêtés sont pris en lien étroit avec le parquet et s’appliquent pour une durée d’un mois, renouvelable une fois. Leur portée est résolument dissuasive : le non-respect d’une interdiction de paraître expose son auteur à six mois d’emprisonnement et à une amende pouvant atteindre 447 494 francs CFP.
À travers ces décisions, l’État réaffirme un principe fondamental : l’espace public appartient aux citoyens respectueux de la loi, non aux délinquants. En Polynésie comme dans l’ensemble des territoires français, la lutte contre le narcotrafic passe par l’autorité, la constance et l’application ferme de la loi. Une condition indispensable pour protéger la population, sécuriser l’économie locale et préserver l’ordre républicain.




