L’entrée en vigueur du traité international BBNJ sur la biodiversité en haute mer, le 17 janvier dernier, marque un tournant stratégique pour la Polynésie française et l’ensemble du Pacifique. Pour Alexandre Rochatte, haut commissaire de la République, ce texte offre enfin un cadre juridique solide permettant aux Etats et territoires de la région de travailler ensemble à la préservation de l’Océan, au delà des frontières maritimes nationales.

Un levier concret pour la coopération régionale

Fruit de la dynamique impulsée lors de la conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice, le traité BBNJ est entré en vigueur dans des délais inédits. La mobilisation polynésienne y a largement contribué. Peuple de l’Océan, la Polynésie partage avec ses voisins une biodiversité marine, des ressources halieutiques et des espaces de haute mer jusqu’ici insuffisamment protégés. Le traité permet désormais de créer des aires marines protégées en haute mer et de sécuriser juridiquement cette action collective.

Dans ce contexte, le président de la Polynésie française a déjà identifié trois zones de haute mer d’intérêt stratégique, situées à l’ouest des îles de la Société et entre les archipels des Gambier, de Rapa et des Marquises. L’Etat et le Pays travaillent étroitement sur ces priorités dans un cadre partenarial associant recherche scientifique, associations et acteurs de l’économie bleue, réunis notamment au sein du cluster maritime polynésien.

Ce travail commun s’inscrit dans la continuité des décisions prises à l’UNOC. Un protocole d’accord est en cours d’élaboration afin de structurer la mise en œuvre opérationnelle du traité et de soutenir l’action internationale de la Polynésie. L’objectif est clair, faire du territoire une force de proposition pour définir le futur cadre des aires marines protégées de haute mer dans le Pacifique.

Si la première conférence des parties du traité est attendue début 2027, Alexandre Rochatte rappelle que tout reste à construire. Les règles, critères et mécanismes de désignation des aires protégées devront d’abord être arrêtés. Pour autant, le travail préparatoire est engagé, notamment l’identification scientifique des zones à fort enjeu écologique et la concertation avec les Etats voisins et les organisations régionales compétentes.

Pour la Polynésie française, le traité BBNJ n’est pas un symbole mais un outil stratégique. Il consacre une vision multilatérale de la protection des océans et renforce la place du territoire dans la gouvernance environnementale du Pacifique, au service d’un patrimoine naturel qui dépasse largement les frontières nationales.

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