Réunis à Tokyo du 1er au 3 mars, les représentants d’une vingtaine de pays ont tenté de relancer les négociations autour d’un futur traité mondial contre la pollution plastique. Autour de la table, des acteurs aux intérêts divergents : grands producteurs d’hydrocarbures comme l’Arabie saoudite, la Russie ou les États-Unis, mais aussi des Etats insulaires particulièrement exposés, tels qu’Antigua-et-Barbuda ou les Palaos, aux côtés de la Chine, de l’Inde et de l’Union européenne.

Réduire la production ou mieux gérer les déchets

Après plusieurs échecs en 2024, en Corée du Sud puis à Genève, ces discussions dites “informelles” étaient scrutées de près. Selon le négociateur japonais Satoshi Yoshida, les échanges ont été “constructifs”. Une source impliquée évoque même “un nouveau départ” après l’impasse de l’été dernier.

Une nouvelle réunion est déjà prévue à Dakar en mai afin de poursuivre les discussions. Le point de blocage reste connu : un groupe important de pays plaide pour des mesures ambitieuses, incluant la réduction de la production de plastique. D’autres, principalement des Etats producteurs de pétrole, préfèrent concentrer les efforts sur la gestion et le recyclage des déchets.

Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde, dont la moitié pour des usages uniques. Pour les Etats insulaires et les territoires ultramarins, l’enjeu est vital. Les océans, pilier de leur économie et de leur biodiversité, subissent de plein fouet cette pollution massive. Dans l’océan Indien comme dans la Caraïbe ou le Pacifique, tortues et autres espèces marines sont régulièrement retrouvées contaminées.

Au-delà des déclarations, la crédibilité de la communauté internationale se joue désormais sur sa capacité à dépasser les intérêts sectoriels. Pour les territoires insulaires, souvent en première ligne, l’urgence n’est plus diplomatique mais environnementale.

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