La Collectivité territoriale de Guyane a annoncé la mise en place d’un dispositif expérimental destiné à réduire le coût des raccordements au très haut débit pour les foyers confrontés à des frais techniques excessifs. Une mesure ciblée, votée début janvier, qui vise à corriger une inégalité bien connue sur le territoire : celle du « dernier mètre », dont le coût peut grimper jusqu’à 1 000 euros et exclure de fait certains ménages de l’accès au numérique.

Doté d’un budget expérimental de 400 000 euros, ce mécanisme permettra de subventionner les raccordements dépassant les prises en charge classiques des opérateurs. Il s’inscrit dans le cadre du Plan France Très Haut Débit 2030, rappelant que l’accès à Internet n’est plus un luxe mais un outil essentiel d’intégration économique, éducative et administrative. En Guyane, territoire français aux contraintes géographiques fortes, cette ambition nationale se heurte encore trop souvent à la réalité du terrain.

La démarche repose sur un partenariat public-privé, notamment avec le groupe CANAL+, qui a testé ce type d’accompagnement sur plusieurs années. L’objectif affiché est clair : éviter que des foyers soient durablement exclus de la connectivité pour des raisons purement techniques ou financières. Une logique pragmatique, loin des discours incantatoires, qui reconnaît que l’égalité réelle passe parfois par des dispositifs différenciés.

Reste toutefois une exigence : que cette expérimentation ne se transforme pas en palliatif permanent. La réduction des inégalités numériques en Guyane passe aussi par une maîtrise des coûts, une responsabilité accrue des opérateurs et une continuité de l’effort de l’État. Le très haut débit n’est pas un privilège local, c’est une condition de l’unité nationale à l’ère numérique. Garantir aux Guyanais un accès effectif aux mêmes services que dans l’Hexagone, c’est rappeler, concrètement, que la République est une et indivisible.

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