Deux ressortissants guyanais, recrutés comme combattants volontaires dans les rangs ukrainiens après avoir été recalés par l’armée française, sont aujourd’hui détenus en Ukraine pour désertion, après avoir quitté le front au bout de quelques semaines.
Âgés de 28 ans et d’une trentaine d’années, originaires de Saint-Georges de l’Oyapock, les deux hommes se sont engagés à la fin de l’année 2025 dans le conflit ukrainien, séduits par des promesses financières relayées sur les réseaux sociaux par des intermédiaires étrangers. Selon les informations recueillies, ils ont intégré une unité spécialisée dans l’accueil des combattants étrangers, baptisée Revanche internationale, placée sous le contrôle du renseignement militaire ukrainien.
Un engagement opaque et une désertion lourdement sanctionnée
Les deux Guyanais auraient signé des contrats dans des conditions pour le moins troubles. Initialement recrutés pour une durée annoncée de six mois, ils se seraient retrouvés engagés pour trois ans, après une signature effectuée en langue ukrainienne, sans véritable compréhension des termes. Déployés sur le front dans des conditions climatiques particulièrement difficiles, ils ont décidé de quitter leur unité et tenté de rejoindre la Moldavie.
Arrêtés par les autorités moldaves, ils ont été remis aux forces ukrainiennes, qui les accusent désormais de désertion. Leurs passeports ont été confisqués et toute communication avec leurs proches a été interrompue après un dernier contact fin décembre. Ils sont actuellement détenus à Kyiv.
Alertés par les familles, les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane ont saisi la cellule de crise du Quai d’Orsay. L’ambassade de France en Ukraine a pu entrer en contact avec l’un des deux hommes, sans toutefois obtenir, à ce stade, leur remise effective aux autorités diplomatiques françaises, malgré des engagements annoncés puis repoussés.
Cette affaire illustre les dérives graves liées au recrutement de volontaires étrangers dans des conflits armés, en marge de toute protection juridique sérieuse. Elle rappelle aussi la nécessité pour les autorités françaises de mettre en garde fermement contre ces engagements individuels, souvent nourris d’illusions, et qui exposent des ressortissants français à des risques extrêmes, loin de tout cadre républicain et militaire légitime.




