Un dossier judiciaire hors norme est examiné ce mardi 27 janvier devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre. Un fonctionnaire de police et son ancienne compagne comparaissent pour proxénétisme aggravé, à l’issue d’une enquête conduite par l’Inspection générale de la Police nationale. Une affaire sensible qui mêle prostitution organisée, abus de vulnérabilité et manquements graves au devoir d’exemplarité.
Une activité de prostitution dissimulée derrière des massages
La principale prévenue, âgée de 40 ans et domiciliée à Capesterre-Belle-Eau, reconnaît avoir mis en place une activité de prostitution sous couvert d’un salon de massage situé à Baie-Mahault. Entre janvier 2023 et décembre 2024, elle faisait travailler plusieurs masseuses, à qui elle imposait des prestations sexuelles. Trois d’entre elles se sont constituées parties civiles. Selon les éléments de l’enquête, cette activité lui aurait rapporté près de 192 000 euros, dont elle conservait environ les trois quarts, ne reversant qu’une part minoritaire aux femmes exploitées.
Son ancien compagnon, policier âgé de 47 ans et originaire de Nîmes, est poursuivi pour avoir profité des revenus issus de cette activité. Au moment des faits, il était pourtant placé sous bracelet électronique dans le cadre d’un autre dossier judiciaire. Bien qu’il ne soit pas présenté comme l’organisateur du système, il est soupçonné d’avoir bénéficié directement des sommes générées par ce réseau.
L’enquête, confiée à la police des polices, met en lumière une affaire particulièrement grave au regard du statut du mis en cause. Le tribunal devra déterminer le degré de responsabilité de chacun et apprécier les circonstances aggravantes, notamment l’atteinte à plusieurs victimes et l’implication d’un agent chargé de faire respecter la loi.




