À seulement 18 ans, Mathilde Turpin, originaire de La Réunion, vient d’être invitée à participer à la prestigieuse conférence étudiante de l’université de Yale, aux États-Unis. Un parcours académique exceptionnel qui illustre, une fois encore, l’excellence et le potentiel de la jeunesse ultramarine lorsqu’elle évolue dans un cadre exigeant et ouvert sur le monde.
Étudiante en troisième année de Bachelor en études internationales en Corée du Sud, Mathilde Turpin suit en parallèle un cursus de business. Un parcours accéléré, rendu possible par deux classes sautées dès le secondaire, et marqué par une rigueur intellectuelle peu commune. C’est dans le cadre d’un projet universitaire, initialement conçu pour un cours de philosophie, que la jeune Réunionnaise a développé un travail de recherche autour de l’identité réunionnaise, à partir des textes de Danyel Waro.
Ce travail a retenu l’attention de l’université de Yale, qui l’a sélectionnée parmi 300 étudiants internationaux pour participer à sa conférence annuelle, organisée du 20 au 22 février. Une reconnaissance académique de premier plan, qui témoigne de la capacité des étudiants ultramarins à s’imposer dans les cercles universitaires les plus sélectifs à l’échelle mondiale.
Une jeunesse ultramarine qui s’exporte par le mérite
Si l’université américaine prend en charge l’invitation, les frais de déplacement et de séjour restent à la charge de l’étudiante. Mathilde Turpin évalue le coût de ce voyage à environ 2 000 euros. Déterminée, elle affirme qu’elle se rendra à Yale quoi qu’il arrive, quitte à mobiliser ses économies personnelles. Une collecte de dons est également possible, avec l’appui administratif de l’université américaine.
Son travail de recherche s’est nourri de son expérience personnelle à l’étranger. En Corée du Sud, elle a été confrontée à des interrogations identitaires directes, notamment sur ses origines ethniques, des questions qu’elle n’avait jamais connues à La Réunion. C’est dans ce contexte qu’elle s’est intéressée au concept de « batarsité », développé par Danyel Waro, et à la manière dont l’histoire française a façonné une société réunionnaise singulière, marquée par le métissage mais aussi par un cadre républicain commun.
Le potentiel académique de la jeunesse ultramarine
Devant un auditoire international, Mathilde Turpin présentera une synthèse de ses recherches lors d’une intervention d’une dizaine de minutes. Une tribune rare, au sein d’une institution emblématique de l’élite universitaire mondiale.
Au-delà du symbole, ce parcours rappelle une réalité trop souvent négligée : lorsque l’exigence académique, la transmission culturelle et l’ouverture internationale se conjuguent, les Outre-mer français produisent des talents capables de rivaliser avec les meilleurs. Une réussite individuelle, mais aussi une illustration du potentiel stratégique que représente la jeunesse ultramarine pour le rayonnement intellectuel de la France.




