En Guadeloupe comme dans l’ensemble des Outre-mer, la question du coût de la vie reste explosive. Malgré le récent rapport de l’Autorité de la concurrence estimant que les marges des opérateurs ne sont pas « anormales », les associations de consommateurs contestent vigoureusement cette analyse et dénoncent un marché qu’elles jugent peu concurrentiel et défavorable aux ménages.

Commandé début 2025 dans un contexte de fortes tensions sociales, le rapport de l’Autorité de la concurrence conclut que les niveaux de marges pratiqués par les grossistes-importateurs et la grande distribution en Martinique présentent des similitudes avec ceux observés dans l’Hexagone. Une appréciation qui, selon l’institution, peut être étendue aux autres territoires ultramarins confrontés à la vie chère.

Une conclusion qui ne convainc pas l’ADEIC Guadeloupe. Son secrétaire général, Hilarion Bévis-Surprise, se dit en profond décalage avec cette analyse. Pour lui, l’expérience concrète des consommateurs en magasin démontre une réalité différente. Il appelle à des contrôles renforcés sur le terrain, menés sans préavis, et à de véritables sanctions en cas de manquements.

Selon l’association, la multiplication des intermédiaires dans la chaîne d’importation contribue mécaniquement à l’augmentation des prix. Transport, logistique, centrales d’achat et structures intégrées à de grands groupes s’ajouteraient successivement avant l’arrivée du produit en rayon. L’ADEIC estime que ce fonctionnement favorise des circuits fermés et limite l’émergence d’une concurrence réelle.

Le dispositif du Bouclier qualité-prix, censé contenir les tarifs d’un panier de produits essentiels, est également critiqué. L’association considère qu’il n’a pas permis de modifier structurellement les prix et plaide pour une redéfinition des produits concernés, en lien direct avec les besoins réels des ménages guadeloupéens.

L’ADEIC appelle enfin à l’organisation d’une table ronde réunissant pouvoirs publics, distributeurs, grossistes et représentants des consommateurs. Objectif affiché : examiner concrètement la formation des prix et favoriser l’ouverture à davantage d’acteurs locaux dans les centrales d’achat. Pour l’association, seule une concurrence effective et contrôlée permettra d’apporter des réponses durables à la vie chère, devenue l’un des principaux enjeux économiques et sociaux du territoire.

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