Le carnaval de Pointe-à-Pitre est maintenu ce dimanche, mais sous contrainte horaire, de 15h à 20h, décision exceptionnelle prise par le préfet dans un climat lourd. En toile de fond, une réalité que plus personne ne peut ignorer : la montée d’une violence armée qui fracture le quotidien guadeloupéen et menace jusqu’aux événements culturels les plus emblématiques.

Face à cette situation, l’Association des maires de Guadeloupe hausse le ton. Son président, Jocelyn Sapotille, maire du Lamentin, estime que les communes ont atteint les limites de ce qu’elles peuvent faire seules. Prévention, actions auprès des jeunes, police municipale, partenariats locaux : tout cela existe déjà, mais reste insuffisant face à la prolifération des armes et à l’emprise du narcotrafic. Pour les élus, le cœur du problème n’est plus local, il est structurel et international.

Les maires pointent clairement la responsabilité de l’État régalien. Seule une présence renforcée et durable de la police et de la gendarmerie, accompagnée de véritables capacités d’enquête et de saisie des armes, peut inverser la tendance. Les renforts récents sont jugés trop timides, alors que la police nationale travaille déjà sous tension. Quant aux polices municipales, elles ne peuvent suppléer indéfiniment les missions de sécurité intérieure.

Au-delà du territoire, les élus réclament une stratégie ferme contre les filières internationales de drogue et d’armes qui irriguent la Guadeloupe. Coopération régionale, pression diplomatique, contrôles renforcés : pour l’Association des maires, c’est en amont que la République doit frapper. Car une fois les armes sur le sol guadeloupéen, le combat devient plus coûteux, plus dangereux, et parfois tragiquement irréversible.

Derrière l’émotion suscitée par les récents homicides, les maires rappellent une évidence trop souvent oubliée : garantir la sécurité en Guadeloupe, c’est garantir la sécurité en France. L’archipel n’est pas une périphérie abandonnée, mais une partie intégrale de la République, qui attend de l’État qu’il assume pleinement ses responsabilités.

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