Quatre jours après l’agression d’un assistant d’éducation par un élève, le collège de Grand-Camp aux Abymes demeure fermé. Personnels et parents refusent toute reprise sans garanties claires, dénonçant l’inaction des autorités face à une violence devenue structurelle dans certains établissements.
Ce lundi, aucune sonnerie n’a retenti au collège Saint-John Perse de Grand-Camp. Les équipes éducatives, encore sous le choc de l’agression d’un collègue jeudi dernier, estiment que les conditions minimales de sécurité ne sont pas réunies. Malgré une réunion organisée dans la matinée avec des représentants du Département, aucun engagement concret n’a été acté, laissant un sentiment d’abandon largement partagé.
Le représentant du syndicat SE-UNSA est ressorti déçu des échanges. Les demandes formulées, portant sur des mesures pérennes et non de simples ajustements temporaires, n’ont pas trouvé d’écho. Dans ces conditions, le statu quo prévaut, au détriment des élèves, privés de cours, et des familles, excédées par une situation qui se répète.
Une agression grave, révélatrice d’un malaise profond
Jeudi matin, un assistant d’éducation a été violemment attaqué par un élève de quatrième, armé de ciseaux, alors qu’il se trouvait en salle de permanence. L’adolescent doit comparaître prochainement devant un conseil de discipline et une plainte a été déposée auprès de la police nationale. Le recteur d’académie a évoqué une sanction exemplaire, mais sur le terrain, ces paroles ne suffisent plus.
Aux abords de l’établissement, des parents d’élèves expriment leur lassitude. Pour beaucoup, cette agression marque un point de rupture. Ils réclament des décisions fermes et durables pour restaurer l’autorité et garantir la sécurité des personnels comme des élèves. La violence en milieu scolaire n’est plus perçue comme un incident isolé, mais comme le symptôme d’un relâchement général de l’ordre.
À Grand-Camp, comme ailleurs, la question n’est plus celle du diagnostic mais celle de l’action. Sans réponse rapide et crédible de l’État et des collectivités compétentes, ce sont les fondements mêmes de l’école républicaine qui se trouvent fragilisés. Restaurer un cadre sûr et respecté n’est pas une option : c’est une obligation.




